Bercy veut convaincre les entreprises de fournir des masques lavables aux salariés

PARIS, 8 juin 2020 (AFP) – Le gouvernement veut convaincre les entreprises de fournir des masques en tissu à leurs salariés plutôt que des masques chirurgicaux importés, face aux « surcapacités » dénoncées par certains industriels français reconvertis dans la fabrication de masques.

Alors qu’environ 450 entreprises françaises se sont converties à la fabrication de masques durant la crise sanitaire, parfois au prix d’investissements supplémentaires, « il y a 10% des entreprises qui se retrouvent avec des stocks sur les bras » aujourd’hui, a expliqué lundi la secrétaire d’Etat à l’Economie Agnès Pannier-Runacher sur RTL.

Une réunion réunira lundi après-midi « l’ensemble de la filière » pour « préparer le plan d’action futur », a-t-elle ajouté.

Le gouvernement veut s’efforcer de convaincre les grandes entreprises d’équiper leurs employés en masques réutilisables « made in France », tout en musclant les stocks publics en masques tissus.

« Nous avons une mission (…) dont l’objectif est de convaincre les gros acheteurs de passer du masque à usage unique au masque textile lavable réutilisable, et d’expliquer que c’est bien un équipement de protection individuelle », a-t-elle martelé.

Un message qu’elle a notamment spécifiquement adressé à La Poste, précisant qu’il s’agissait d’une « transition essentielle ».

« Ce produit n’existe que depuis deux mois, donc je peux comprendre que les employeurs n’aient pas fait tout le travail » d’identification des produits homologués et « les organisations syndicales ont pu à certains endroits être méfiantes », a-t-elle reconnu.

Par ailleurs, « l’Etat a passé des commandes vers des masques 100% français », d’autant qu' »un masque tissu (…) se conserve plus longtemps: il est plus rare d’avoir des moisissures sur un T-shirt que sur un masque chirurgical à usage unique », a-t-elle fait valoir.

Elle réagissait notamment aux déboires de l’entreprise Tissages de Charlieu, qui avait tôt rejoint « l’effort de guerre » de production de masques en France.

« ll y a visiblement une offre pléthorique qui fait que les commandes s’écroulent littéralement (…) On se retrouve dans une situation compliquée, on a investi un million d’euros pour augmenter notre capacité » et « on a cette semaine un million de masques en stocks », invendus, a déploré le dirigeant de l’entreprise, Eric Boël, également interrogé sur RTL.

Alors que le gouvernement avait encouragé l’accélération de la production de masques en tissu en France à pour garantir l’approvisionnement du pays l’approche du déconfinement, une mission « de plus long terme confiée à quatre professionnels » a désormais été lancée pour « travailler à l’installation de textile durale en France », a indiqué Mme Pannier-Runacher.

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