Berger (CFDT) : « pas d’incompréhension mais de vrais désaccords » avec le projet El Khomri

PARIS, 1 mars 2016 (AFP) – Laurent Berger, numéro un de la CFDT, a évoqué mardi « de vrais désaccords » avec le projet de réforme sur le travail et prévenu que son syndicat refuserait « toutes les dispositions qui permettent à l’employeur de décider seul » en matière de temps de travail.

Alors que le Premier ministre Manuel Valls a justifié le report du projet par la nécessité de lever des « incompréhensions », Laurent Berger lui a répondu dans Le Parisien: « La CFDT a bien compris ce qu’il y avait dans le texte. Il n’y a pas d’incompréhension mais de vrais désaccords ».

Et « si nous ne sommes pas entendus, on fera le choix de la mobilisation », prévient-il.

Le secrétaire général de la CFDT a expliqué « refuser qu’au détour du renforcement de la négociation collective, on en profite pour brader les droits des salariés » et « refuser toutes les dispositions qui permettent à l’employeur de décider seul » sur le temps de travail.

Parmi les points avancés par Laurent Berger, le forfait jour qu’une entreprise de moins de 50 salariés « pourra unilatéralement imposer ». « Ce n’est pas acceptable », dit-il.

Autre ligne rouge, « la mesure sur le licenciement économique, ajoutée in extremis ». « Le périmètre sur lequel le plan social est calculé pour les entreprises multinationales ne nous convient pas: il ne doit pas se limiter à la filiale française de l’entreprise, sinon c’est la porte ouverte au dumping social ».

Il demande aussi que soit retenue la notion de « six trimestres » consécutifs de baisse du chiffre d’affaires au lieu de quatre pour justifier un licenciement économique.

Interrogé sur la réunion intersyndicale prévue jeudi, M. Berger a souhaité qu’elle serve « à définir avec les autres organisations ce qui doit être retiré, modifié ».

Face à la contestation politique, syndicale et citoyenne, Manuel Valls a annoncé lundi que le projet de loi El Khomri serait présenté le 24 mars et non pas le 9, le temps de consulter les partenaires sociaux.

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