Berger (CFDT) réclame des politiques sociales « beaucoup plus affirmées »

PARIS, 4 septembre 2018 (AFP) – Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a réclamé du gouvernement mardi des politiques sociales « beaucoup plus affirmées » et qui aient « du sens », à sa sortie d’une réunion à Matignon, critiquant à nouveau les arbitrages budgétaires.

« J’en ai appelé à des politiques beaucoup plus affirmées, beaucoup plus assumées, (à) des politiques de solidarité beaucoup plus fortes », a dit le secrétaire général, après une rencontre d’une heure avec Edouard Philippe et ses ministres Agnès Buzyn (Solidarités et Santé) et Muriel Pénicaud (Travail).

« J’ai affirmé auprès du Premier ministre qu’il y avait un ressenti négatif à l’égard des politiques menées, qu’il y a avait un prisme budgétaire qui ne faisait pas sens pour les travailleurs », a-t-il ajouté, regrettant que la politique sociale et de développement durable du gouvernement « ne fasse pas sens ».

Concernant la prochaine négociation sur l’assurance chômage réclamée par l’exécutif, le leader syndical a redit que « si la seule logique était budgétaire, la CFDT n’y verrait pas d’intérêt ». « On nous a dit que la seule logique ne serait pas budgétaire », a-t-il assuré.

Il a écarté l’idée d’un boycott de la négociation si la lettre de cadrage n’allait pas dans le sens de son syndicat: « Le boycott n’a jamais été la tasse de thé de la CFDT ».

Autres sujets abordés: la santé au travail, les discriminations (jeunes, seniors, inégalités entre les femmes et les hommes, couleur de peau…) et le « mal-être dans la fonction publique ».

Sur le plan pauvreté, qui doit être annoncé cette semaine, Laurent Berger a demandé que l’exécutif ait un « discours empathique et pas culpabilisant ».

Interrogé pour savoir s’il avait été entendu par le Premier ministre, il a répondu: « Dans ce style de rencontre, il y a toujours une courtoisie qui fait qu’on est écouté. La question est d’être entendu », a relevé le dirigeant, très critique dans la presse vis-à-vis de l’exécutif depuis lundi.

Quant à une éventuelle mobilisation, évoquée lundi dans une interview au Monde, il s’est montré moins offensif. « Les organisations syndicales, c’est d’abord une capacité de propositions », a-t-il fait valoir.

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