Berger craint que le gouvernement « oublie » les travailleurs salués pendant le confinement

PARIS, 28 mai 2020 (AFP) – Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a dit jeudi craindre que le gouvernement « oublie très vite » les travailleurs qui ont permis aux Français « de vivre correctement pendant le confinement », appelant à leur « reconnaissance réelle ».

« Il faudra se souvenir de tous ceux qui étaient en première ligne et qu’il y ait une reconnaissance réelle qui s’opère. J’ai peur qu’on oublie très vite », a-t-il déclaré sur LCI.

Le leader syndical a cité les travailleurs de la santé, des services, de l’alimentation, de l’agroalimentaire, des pompes funèbres, « qui ont pendant toute cette période (de confinement, NDLR) été là, présents, au travail, pour assurer leur mission et qui nous ont permis de vivre correctement ».

« Notre pays ne sait pas gérer le moyen et le long terme, il ne sait pas avoir une réflexion à 360 degrés. On passe de sujet à sujet. J’ai peur qu’on ait eu un sujet confinement, la santé, la santé, la santé, c’était très important (…) Maintenant on passe dans les problèmes économiques et sociaux », a ajouté le numéro un de la CFDT.

Un « bilan » permettrait de comprendre « ce que cette crise nous enseigne » en termes économique, social et sociétal, afin de trouver les solutions.

« Je prends un exemple sur l’aspect économique : cette crise nous enseigne que les entreprises sont très dépendantes de la puissance publique, la puissance publique est leur renfort dans les situations difficiles. Les entreprises ne peuvent pas l’oublier, elles ne peuvent pas se délester de leurs responsabilités ». Avec ces aides, il faut qu' »il y ait des conditions sociales, des conditions de dialogue social et des condition environnementales », a-t-il proposé.

Auditionné quelques heures plus tard à l’Assemblée nationale, Laurent Berger a en outre estimé qu’il n’y avait pas « besoin de toucher à la durée légale du temps de travail ».

« Il ne faut pas faire cette erreur de toucher au Code du travail, ce serait la plus grande des bêtises que vous pourriez faire », a-t-il lancé aux députés.

« La seule chose que vous pourriez faire en touchant au Code du travail, c’est de renforcer la négociation collective dans les entreprises, de renforcer les moyens des représentants du personnel pour peser davanage dans les choix », a-t-il expliqué.

« Ce n’est pas au législateur de décider du bonheur partout, tout le temps », a-t-il ajouté, anticipant que dans certaines entreprises, « il y aura des discussions pour négocier le temps de travail à la baisse » et « dans d’autres l’ajuster à la hausse ».

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