Berger: La réforme du code du travail ne créera pas massivement des emplois

PARIS, 12 juillet 2017 (AFP) – La réforme du code du travail ne créera pas massivement des emplois, a estimé mercredi le numéro un de la CFDT Laurent Berger, ajoutant que les « verrous » à l’embauche souvent invoqués sont « surtout dans la tête » des leaders patronaux.

Les ordonnances réformant le code du travail, que le gouvernement compte publier d’ici à la fin de l’été, créeront-elles massivement des emplois ? « Je ne le pense pas », répond M. Berger, dans une interview à Paris Match.

« Seuls deux éléments le permettent », poursuit-il : « des investissements intelligents sur les enjeux de demain, comme les transitions numérique et écologique, » et « l’élévation des compétences et un meilleur accompagnement des salariés dans leurs parcours professionnels ».

« Il faut arrêter » avec les « verrous » invoqués par le patronat, estime le secrétaire général de la CFDT.

« Ces verrous sont surtout dans la tête de quelques responsables d’organisations patronales », juge-t-il, considérant que beaucoup ont déjà « été levés avec la création de la rupture conventionnelle, avec la négociation des plans sociaux, avec le raccourcissement du délai de recours aux prud’hommes de cinq ans à un an ».

« A chaque fois, les responsables patronaux se sont livrés à une course à l’échalote pour demander davantage de souplesse et le chômage n’a pas baissé pour autant », plaide-t-il.

Laurent Berger s’élève notamment contre un plafonnement « trop bas » des dommages et intérêts prud’homaux en cas de licenciement abusif, qui « entraînera une vague de licenciements, puisque les entreprises commenceront par purger ».

Le leader cédétiste met également en garde contre toute volonté de « réduire juridiquement les prérogatives du syndicalisme ». « Si ce choix est fait, la CFDT s’y opposera fortement », prévient-il.

Interrogé sur une éventuelle mobilisation, Laurent Berger « n’exclut rien pour la rentrée ». Mais la CFDT « ne rejoindra pas une date préemptée par une organisation dans son coin » et ne participera donc pas à la journée d’action prévue le 12 septembre par la CGT.

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