Besançon: les infirmières des urgences en arrêt-maladie

STRASBOURG, 24 juin 2019 (AFP) – Toutes les infirmières des urgences du Centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Besançon n’ont pas pris leur service lundi soir, étant en arrêt-maladie pour épuisement, et ont dû être remplacées, a-t-on appris de source syndicale.

« Au service d’accueil des urgences du CHRU de Besançon, tou.te.s les infirmièr.e.s qui devaient travailler (dans la nuit de lundi à mardi, NDLR) ont été arrêté.e.s par leur médecin », a indiqué dans un communiqué le syndicat Sud.

La direction « a trouvé quatre infirmiers dans l’hôpital pour les remplacer », à l’accueil de nuit à partir de 20H45, a indiqué à l’AFP Florent Uzzeni, responsable syndical Sud.

Selon M. Uzzeni, les cinq infirmières « sont arrêtées pour quinze jours ».

« Pour (lundi) soir, ils ont trouvé une solution mais pour demain? Après-demain? », a-t-il demandé, soulignant que les remplaçants n’étaient pas habitués au service des urgences.

« Ça craque », a résumé M. Uzzeni.

« Les équipes sont épuisées: sous-effectif, augmentation de la charge de travail, manque de moyens, non-reconnaissance de la politique d’austérité », a listé le syndicat Sud.

Selon le responsable Sud, « le service des urgences du CHRU, qui accueille 90 cas médicaux graves et des polytraumatisés » par jour, est en grève depuis six semaines.

« Un poste d’infirmière a été supprimé et les équipes revendiquent du personnel supplémentaire pour faire humainement face à la charge de travail, ainsi qu’une profonde réorganisation du service », a détaillé Sud dans un communiqué.

Un mouvement de grève dans les urgences des hôpitaux, démarré à Paris à la mi-mars, touche 130 établissements dans toute la France, selon le collectif Inter-Urgences.

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a promis de débloquer 70 millions d’euros, notamment pour financer des primes. Mais cet effort est jugé insuffisant par les syndicats CGT, FO et Sud, et par Inter-Urgences.

Les syndicats ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation à Paris le 2 juillet.

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