Bordeaux: les Ford Européens viennent soutenir leurs collègues girondins

BORDEAUX, 22 septembre 2018 (AFP) – Plusieurs centaines de personnes, dont trois délégations de salariés de divers sites européens de Ford ont manifesté samedi à Bordeaux en soutien à leurs collègues de l’usine girondine de Blanquefort, menacée de fermeture.

Trois délégations de salariés des usines Ford de Cologne et de Sarrelouis en Allemagne, mais aussi de Valence en Espagne avaient fait le déplacement à Bordeaux.

Salariés italiens, espagnols, allemands, turcs et français, parmi eux des délégués du puissant syndicat allemand IG Metall, se sont rassemblés sous un soleil de plomb, place de la République à Bordeaux, avant de marcher avec tambours et trompettes, vers la place de la Victoire.

« On est parti à 05H00 ce matin de Sarrelouis pour montrer notre solidarité aux collègues de Blanquefort. On est là pour envoyer un signal fort à Ford Europe qui prépare des restructurations qui impacteront tous les sites européens », a expliqué à l’AFP Rachid Mameri, délégué syndical de l’usine de Sarrelouis.

« Notre mobilisation aujourd’hui c’est de montrer que la manifestation de Bordeaux va au delà d’un débat national et traverse les frontières », a ajouté ce syndicaliste employé en Allemagne.

En tête du cortège, des militants de la CGT, de Sud Solidaires, du NPA, et de mouvements associatifs comme Emmaüs ont déployé une grande banderole où l’on pouvait lire: « sauver tous les emplois de Ford Blanquefort, c’est possible! ».

D’autres banderoles ou pancartes affichaient « Interdiction des licenciements! », ou encore « Ford Blanquefort, même pas mort! ».

La direction du site Ford à Blanquefort (Gironde) a annoncé mercredi que « des progrès significatifs ont été réalisés » sur une éventuelle reprise de l’usine par un « acquéreur potentiel ».

Le fabricant strasbourgeois de boîtes de vitesses Punch Powerglide « est aujourd’hui en discussions avec Ford » afin de reprendre le site de FAI (Ford Aquitaine Industries) qui fabrique des boîtes de vitesse, a précisé de son côté le délégué interministériel Jean-Pierre Floris.

Dans le cortège de la manifestation européenne de Ford, samedi, Philippe Poutou, délégué CGT du site de Blanquefort a estimé que « la lutte continue dans des conditions un peu différentes puisqu’on a maintenant un gouvernement qui s’est repositioné en défense du dossier, après plusieurs mois de silence absolu ».

« L’espoir revient un petit peu, selon l’ancien candidat (NPA) à la présidentielle de 2017. Mais on ne lâche pas le morceau, a-t-il ajouté, avec l’objectif de maintenir 850 emplois de Ford Blanquefort et les quelque 3000 emplois induits », dans la sous-traitance ou la logistique.

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