Branche ferroviaire: « avancées » pour Unsa et CFDT, une « misère » pour la CGT

PARIS, 19 décembre 2019 (AFP) – Les négociations sur la convention collective nationale (CCN) de la branche ferroviaire ont enregistré des « avancées » sur le volet classifications des métiers et rémunérations aux yeux de l’Unsa et de la CFDT, tandis que la CGT a dénoncé des salaires « de misère », ont indiqué jeudi ces syndicats.

Un accord sur ce volet définissant les métiers du secteur ferroviaire et fixant notamment des minima de salaires dans la branche devrait être présenté aux organisations syndicales « à la mi-janvier » pour signature, ont indiqué à l’AFP des négociateurs de l’Unsa ferroviaire et de la CFDT-Cheminots.

Contactée par l’AFP, l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), organisation patronale du secteur, n’a pas souhaité s’exprimer.

« Le cadre social envisagé par le patronat est dévastateur pour tous les cheminots de la branche », a protesté dans un communiqué la CGT-Cheminots, premier syndicat du secteur ferroviaire.

Après un « simulacre de négociation », l’UTP obtient « le cadre social de bas niveau » dont elle « a besoin dans le cadre de l’ouverture à la concurrence » du transport ferroviaire intérieur de voyageurs, critique la CGT-Cheminots.

L’Unsa ferroviaire (2e syndicat de la branche) a trouvé au contraire des points positifs dans cette négociation, avec « surtout une prise en compte de l’ancienneté » et l’octroi d’une prime d’ancienneté « pour l’ensemble des collèges, cadres inclus ». « Une telle prime d’ancienneté de branche n’existe quasiment nulle part », a souligné Roger Dillenseger, conseiller de l’Unsa ferroviaire. Un salarié transféré dans une autre entreprise du secteur pourra « garder son ancienneté », s’est-il félicité.

L’Unsa ferroviaire soumettra le texte « au vote de (ses) instances régionales dans le deuxième tiers de janvier », a précisé M. Dillenseger.

Pour la CFDT-Cheminots (4e syndicat), « un certain nombre de points ont été satisfaits mardi », lors de la dernière réunion de négociation. « On attend la confirmation écrite de ces avancées, des éléments intéressants. On consultera nos instances aux alentours du 20 janvier », a détaillé son secrétaire général adjoint Sébastien Mariani, en jugeant que ce texte « permettra d’apporter des garanties contre du dumping social » au sein de la branche.

Concernant les qualifications, « 144 emplois types ont été définis. Il y a assez peu de conventions collectives qui comptent autant d’emplois. On peut se dire que la CCN est d’un bon niveau sur le plan des classifications par rapport à d’autres secteurs », a-t-il relevé.

Côté rémunérations, il y a eu « des avancées sur l’ancienneté, avec la prime d’ancienneté de branche », a noté M. Mariani. Autres points positifs pour la CFDT: des minima de salaires « relevés à un bon niveau » et « des décisions sur les heures de nuit bénéficiant à tous ».

La CGT-Cheminots a dénoncé des emplois-types « vagues » et une prise en compte de l’ancienneté « très insuffisante ». Au lieu du « salaire de misère » prévu à l’embauche, elle revendique « un salaire de début de grille à 1.800 euros brut », contre « 1579,25 euros » dans le projet d’accord.

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