Brexit: des syndicats douaniers dénoncent la gestion des effectifs

LILLE, 30 janvier 2020 (AFP) – Une soixantaine de douaniers affectés en 2019 à Calais et Dunkerque en vue du Brexit vont devoir repartir après quelques mois seulement en poste, dénoncent plusieurs syndicats, la direction soulignant que ceux qui voudront rester dans la région le pourront.

« Comme le Brexit n’est pas effectif, on demande à des agents de changer d’affectation, sur la région parisienne notamment. Ils ont passé neuf mois dans la région et on leur demande de bouger », déplore Pascaline Boubet, secrétaire régionale Unsa-douanes.

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne vendredi 23h00 GMT ne signifiera pas la fin de la crise ouverte par le référendum de 2016. Elle marquera le début d’une transition courant jusqu’à la fin de l’année.

Pendant cette période, les règles de l’UE continueront de s’appliquer sur le territoire britannique et Londres et les 27 devront définir les modalités de leurs relations dans de multiples domaines, commerce et sécurité notamment.

« Pour l’instant rien ne change (pour les formalités douanières, ndlr), mais s’il faut, il faudra rappeler des effectifs pour le 31 décembre », rappelle Gioacchino Garulli, secrétaire régional CGT-douanes Dunkerque, dénonçant une « gestion des ressources humaines catastrophique ».

Selon la CGT et la CFDT, 68 agents – 44 stagiaires plus 24 titulaires – en poste à Dunkerque et Calais pour les opérations commerciales (réglementation sanitaires, fiscalité etc.) dans le cadre du Brexit ont appris cette semaine qu’ils devaient changer de poste d’ici début mars.

« Il faut que les politiques comprennent, anglais et français, que quand ils prennent des décisions, derrière il y a un monde du travail: des fonctionnaires et des entreprises qui ne savent toujours pas ce qu’elle vont devoir faire », souligne David-Olivier Caron, secrétaire général CFDT-douanes.

A l’issue d’une réunion mercredi, la direction affirme avoir donné plus de temps pour changer d’affectation et plus de possibilités pour rester dans la région.

« Deux bureaux, Calais et Loon-Plage, ont été créés spécialement pour le Brexit. Aujourd’hui ils sont vides, comme pour l’instant il n’y a pas de formalités, il n’y a aucune charge de travail, on ne peut pas laisser les agents sans rien faire », explique Jean-Michel Thillier, directeur général adjoint des Douanes.

Selon la direction, 200 douaniers supplémentaires ont été affectés sur le littoral dans le cadre du Brexit.

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