Brexit: grève du zèle des douaniers à Calais et Dunkerque, plusieurs km de bouchon

CALAIS, 4 mars 2019 (AFP) – Des douaniers de Calais (Pas-de-Calais) et Dunkerque (Nord) étaient lundi en grève du zèle « illimitée » pour faire la « démonstration de ce qui va se passer avec le Brexit », créant des files d’attente de poids-lourds, à l’appel d’une intersyndicale demandant à être reçue par Bercy.

Des kilomètres de bouchons de poids-lourds se formaient sur l’A16 à l’entrée du tunnel sous la Manche et sur la rocade portuaire en amont du terminal des ferries, a constaté un correspondant de l’AFP.

Les véhicules particuliers pouvaient eux circuler normalement sur l’A16. De nombreux migrants tentaient de monter à bord des camions et remorques immobilisé notamment vers la rocade portuaire.

La préfecture zonale a mis en place deux zones de stockage, sur l’A16 et l’A26, pour tenter de juguler le trafic.

« Les agents font une application stricte des règlements, font des contrôles plus poussés », a rapporté à l’AFP David-Olivier Caron, secrétaire général CFDT-Douanes, qui a appelé à ce mouvement conjointement avec la CGT et l’Unsa.

« Le Brexit est un catalyseur d’un malaise plus profond, la pénibilité du travail, la dangerosité et la nature de nos missions », a-t-il ajouté, demandant à être reçu par le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin.

Selon lui, environ 300 agents travaillent à Calais (au port et à l’Eurotunnel) et une soixantaine au port de Dunkerque.

Dans le détail, l’intersyndicale revendique une revalorisation des heures de nuit (« à 7 euros brut contre 1,80 aujourd’hui »), une revalorisation de la prime de risque et plus d’agents supplémentaires pour le Brexit, a précisé Philippe Bollengier (CGT).

« Si la grand Bretagne devient un pays tiers, il y aura des contrôles plus approfondis. Vous avez la pleine démonstration aujourd’hui de ce qui va se passer: on estime que les effectifs supplémentaires de 700 agents pour l’ensemble de la France sont insuffisants », a-t-il expliqué.

Et de résumer: « Notre administration nous demande d’essayer de fluidifier le trafic au détriment même de nos missions pour ne pas bloquer le commerce entre Etats. Il y a une contradiction entre ce que l’on est normalement chargé d’appliquer et la politique globale menée au niveau commerce ».

« On nous demande un très très gros effort, ça va être un très gros effort de réinstaller une frontière avec très peu de moyens supplémentaires », a renchéri Vincent Thomazo, secrétaire général Unsa-douanes, espérant que ce mouvement fasse « boule-de-neige » ailleurs en France.

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