Bricorama: assignée en justice, la direction ouvre la porte à des négociations

PARIS, 29 septembre 2017 (AFP) – La direction de Bricorama, assignée en justice par le comité central d’entreprise (CCE) après le projet de rachat de l’enseigne par le groupement Les Mousquetaires, a finalement ouvert la porte à des négociations, un pas qui pourrait suspendre la procédure, a-t-on appris vendredi de source syndicale.

Le CCE avait annoncé la semaine dernière qu’il assignait la direction en référé pour demander le report du délai de consultation sur l’opération, ainsi que la condamnation de l’enseigne pour délit d’entrave. Il voulait ainsi obtenir la suspension de la cession de l’enseigne.

Face à la procédure, la direction a finalement « souhaité ouvrir des négociations, celles que nous demandions », a expliqué à l’AFP la secrétaire (CFE-CGC) du CCE. « Nous avons demandé que soit conclu un accord de méthode (sur ces négociations), sur lequel les avocats des deux parties sont en train de travailler », a poursuivi Sylvie Fauqueux. « Si on arrive à un accord, notre avocat demandera la suspension du référé », a-t-elle ajouté, en insistant sur le fait que le CCE a « toujours été ouvert au dialogue ».

Une réunion est prévue lundi, à la veille de l’audience devant le tribunal de grande instance de Créteil.

Jean-Claude Bourrelier, fondateur et PDG de Bricorama, a déclaré à l’AFP que « les réunions d’informations ont commencé le 17 juillet. Il y en a eu 11, qui ont duré plus de 40 heures, et ça continue ».

Le groupement de distributeurs indépendants Les Mousquetaires (Intermarché, Bricomarché) avait annoncé le 5 juillet être entré en négociations exclusives pour acheter les activités françaises et espagnoles de Bricorama, sans offre publique d’achat.

Le CCE avait justifié le lancement d’une procédure judiciaire en soulignant que les représentants du personnel avaient « appris dans la presse la vente de leur entreprise », la direction ne l’ayant pas informé « au préalable » comme elle « en avait pourtant l’obligation ».

Les salariés craignent les conséquences sociales de cette opération, soumise à l’approbation de l’Autorité de la concurrence. Elles sont « inévitables compte tenu du passage d’un modèle de magasins intégrés à celui d’adhérents indépendants, seul modèle appliqué » chez Les Mousquetaires, selon le CCE.

Les représentants du personnel demandaient l’ouverture de négociations sur « une garantie de maintien de l’emploi » jusqu’à fin 2020, « les conditions d’accompagnement des éventuels départs » après cette date et une prime de transfert, sans avoir obtenu jusque là d’engagement de la direction de Bricorama.

L’offre de rachat porte sur les 164 magasins du groupe, dont 107 magasins intégrés, ainsi que sur la centrale d’achat de Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), soit environ 2.600 salariés en France.

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