British Steel: inquiétude à l’usine d’Hayange après la faillite du sidérurgiste

STRASBOURG, 23 mai 2019 (AFP) – La CFDT de l’usine British Steel France Rail d’Hayange (Moselle) et un élu local ont exprimé jeudi leur inquiétude pour son approvisionnement, au lendemain de l’annonce de la faillite de sa maison mère par les autorités britanniques.

« On savait qu’il se tramait quelque chose mais pas que la situation était aussi catastrophique, c’est un coup de fusil! », s’est alarmé auprès de l’AFP Djamal Hamdani, représentant CFDT (majoritaire) au sein de l’usine.

Les autorités britanniques ont annoncé mercredi la faillite de British Steel, dont les actifs au Royaume-Uni vont être vendus pour payer les salariés et les fournisseurs.

British Steel avait racheté en 2016 l’usine d’Hayange, qui produit des rails, au géant indien Tata Steel.

Ce site emploie environ 420 personnes, sans compter les intérimaires et les sous-traitants, bien plus que les 270 salariés de l’aciérie ex-Ascoval du Nord, récemment reprise par la maison-mère de British Steel, a souligné M. Hamdani.

« Même si tous les projecteurs sont actuellement braqués sur nos copains d’Ascoval, nous rappelons que le site d’Hayange fait vivre dans la vallée de la Fensch 450 familles et plus de 1.200 emplois indirects », a également noté la CFDT dans un communiqué diffusé jeudi.

Le syndicat s’inquiète pour l’approvisionnement de l’usine en « blooms » (barres d’acier), qui constituent sa matière première.

« Si effectivement notre entreprise n’est pas encore en redressement judiciaire ou liquidation, celle-ci dépend directement de l’aciérie anglaise. Les conséquences d’un arrêt de l’usine de Scunthorpe (le site géant de British Steel dans le nord-est de l’Angleterre, NDLR) seraient purement et simplement un arrêt de l’usine d’Hayange et celle de FN Steel en Hollande », ce qui « aurait probablement des conséquences importantes sur le dossier d’Ascoval Saint-Saulve », pointe le communiqué.

« L’Etat français doit peser autant que faire se peut pour éviter le scénario catastrophique d’une rupture d’approvisionnement qui mettrait en péril les deux unités de Hayange et de Saint-Saulve », écrit pour sa part le président (PS) de la Communauté d’Agglomération du Val de Fensch, Michel Liebgott, dans une lettre adressée jeudi au ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

Tout en soulignant la bonne santé de l’usine d’Hayange, dont « les carnets de commande sont remplis », M. Liebgott note qu’elle ne dispose d’une réserve de production de blooms que sur « deux à trois mois ».

« Si la défaillance de la maison mère n’emporte pas, à ce stade, de risque financier et juridique pour l’entité française de Hayange, elle n’en demeure pas moins extrêmement problématique sur le plan industriel », conclut-il.

Contactée par l’AFP, la direction de l’usine n’a pour l’heure pas souhaité réagir.

bra/ha/mm