Bruxelles pointe les « progrès limités » de la France pour favoriser l’emploi

BRUXELLES, 26 février 2016 (AFP) – La Commission européenne a pointé vendredi les « progrès limités » de la France pour se réformer et favoriser l’emploi, jugeant « peu satisfaisant » le fonctionnement du marché du travail, dans un rapport recensant les difficultés économiques de 18 pays membres de l’UE.

Alors que le taux de chômage dépasse les 10% en France et « ne devrait pas diminuer à court terme », « les demandeurs d’emploi ne se voient offrir qu’un accès limité à la formation » et « la possibilité pour les travailleurs peu qualifiés de suivre un apprentissage diminue », relèvent les services de la Commission.

« Le fonctionnement du marché du travail demeure peu satisfaisant », résume Bruxelles, soulignant que « les inégalités en matière d’éducation se sont accentuées » ces dix dernières années.

Le rapport est présenté comme un « document de travail », reflétant l’analyse de l’exécutif européen sur les « corrections » à apporter par 18 pays en proie à « des déséquilibres macroéconomiques ».

Un dialogue doit s’engager entre Bruxelles et chacun d’eux et conduira à la formulation, à la fin du printemps, de recommandations par la Commission.

Par rapport à celles émises en 2015 par la Commission, la France « a accompli certains progrès », note le document, citant notamment la consolidation des régimes de retraite complémentaire et la rigueur budgétaire des collectivités locales.

Mais il liste ensuite des domaines jugés encore problématiques: « des progrès limités ont été accomplis pour améliorer le système fiscal, atténuer les effets de seuil pour les entreprises, inciter davantage à embaucher en contrats à durée indéterminée, améliorer l’efficacité de la revue annuelle des dépenses liées à la procédure budgétaire et supprimer les restrictions injustifiées à l’accès aux professions réglementées et à leur exercice ».

Alors que la France continue de déroger à l’exigence d’un déficit public limité à 3% du PIB, « la stratégie budgétaire n’a pas été renforcée et les réductions de dépenses prévues jusqu’en 2017 n’ont pas encore été entièrement définies », selon la même source.

« Enfin, l’adoption et la mise en oeuvre de la réforme annoncée du code du travail restent déterminantes pour faciliter les dérogations aux dispositions juridiques générales, tout comme la réforme du système d’assurance chômage est essentielle pour améliorer la viabilité financière de celui-ci et inciter davantage les employeurs à réintégrer les chômeurs sur le marché du travail ».

L' »environnement » qu’offre la France aux entreprises est qualifié de « moyen », et « ses faiblesses structurelles ont une incidence négative sur la reprise économique et le potentiel de croissance de l’UE ».

« La récente modération salariale, dans un contexte de faible inflation et de chômage élevé, demeure insuffisante pour permettre au pays de renouer avec la compétitivité compte tenu du ralentissement de la croissance de la productivité », note encore la Commission.

Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission, a estimé que « le niveau élevé de la dette publique, les problèmes de compétitivité et la faible croissance de la productivité pourraient être la source de risques significatifs pour l’économie française à moyen terme ». « Il est urgent de relever ces défis dans un délai raisonnable et avec détermination », a-t-il ajouté.

La Commission européenne a également critiqué l’Allemagne, première économie de la zone euro, pourtant bon élève en matière budgétaire et au marché de l’emploi plus solide que jamais.

Pour ce pays, l’exécutif européen a une nouvelle fois pointé son manque d’investissement: « Il y a de la marge en matière de politique budgétaire pour augmenter les investissements publics », a-t-il dit.

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