BTP: une « série de suicides » chez Eiffage, la CFDT interpelle la direction

PARIS, 10 octobre 2017 (AFP) – Le groupe de BTP Eiffage a été « accusé » mardi par la CFDT de « faire la sourde oreille » après deux suicides récents qui s’inscrivent dans une « série » en lien la plupart du temps « avec le travail », selon le syndicat.

Dans un communiqué, la CFDT-Construction a fait part de deux suicides survenus « dans la branche Infrastructures la semaine dernière », dans la lignée d' »une série de suicides et de tentatives de suicides dans tout le groupe depuis 2 ans ». Interrogé, le syndicat a évoqué « six suicides ou tentatives de suicide en 2016 ».

« La plupart de ces suicides sont en lien avec le travail », et pourtant l’entreprise « a refusé jusqu’à aujourd’hui de faire la lumière » sur ces événements, d’après le syndicat qui « accuse le groupe de faire la sourde oreille ».

« Nous sommes très attentifs à ces sujets et prenons toutes les mesures pour éviter ces situations (…) dramatiques », a réagi la direction d’Eiffage dans une déclaration transmise à l’AFP.

Des discussions se tiennent « de façon régulière avec les organisations syndicales sur les risques psycho-sociaux », objet d’un accord signé en 2011 et actuellement en cours de révision, a-t-elle ajouté.

« Le groupe, après avoir trainé des pieds pendant un moment, a proposé de revoir l’accord » mais il « refuse de traiter la question des suicides, tentatives, burn-out… Ils ne veulent pas en parler », a répliqué Jean-Michel Gillet, secrétaire national de la CFDT-Construction.

Son syndicat a essayé « de traiter ça intelligemment et ça ne marche pas », la direction est « dans le déni », a-t-il dit à l’AFP.

Avant de passer à l’acte la semaine passée, les deux salariés ont laissé « des messages qui ne laissent pas de doute », « le lien avec le travail est clair »: l’un a envoyé un mail évoquant sa détresse, l’autre aurait « laissé un dessin » évoquant « un certain nombre de pressions d’ordre professionnel », a rapporté M. Gillet.

De son côté, la direction rappelle que le renouvellement de l’accord sur les risques psycho-sociaux (RPS) devait permettre de « renforcer encore les dispositifs déjà en vigueur dans le groupe », notamment « la formation des managers et des référents RPS » ainsi que les « dispositifs d’écoute des salariés et de communication avec eux ».

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