Budget de la Sécu: les chiffres clés

PARIS, 25 septembre 2018 (AFP) – Excédent, économies, coup de rabot et « correction »: voici les principaux chiffres du projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté mardi.

18Ans que la Sécu n’avait pas présenté un budget en excédent. Depuis 2001, les déficits s’accumulent (214 milliards d’euros au total) et les gouvernements successifs promettent l’équilibre des comptes sociaux, sans y parvenir.

Le retour à l’équilibre n’est cependant pas acquis: en 2002, le budget initial tablait sur un excédent d’un milliard d’euros et la Sécu a finalement enregistré une perte de 4,8 milliards.

700

Millions d’euros d’excédent prévus en 2019 pour les quatre branches du régime général et le Fonds de solidarité vieillesse (FSV).

Un chiffre proche de la prévision inscrite dans le précédent budget (800 millions) et nettement meilleur que le résultat attendu pour 2018, en déficit d’un milliard.

Dans le détail, les branches famille (+1,2 milliard), accident du travail (+1,1 milliard) et vieillesse (+700 millions) resteront bénéficiaires l’an prochain, tandis que l’Assurance maladie et le FSV devraient réduire leurs pertes.

2,5

Pour cent d’augmentation des dépenses d’Assurance maladie, au lieu des 2,3% programmés jusqu’à présent, soit 400 millions d’euros supplémentaires pour engager les premières mesures du « plan santé » dévoilé la semaine dernière.

Mais la branche maladie ne sera pas pour autant dispensée de son traditionnel tour de vis: pour freiner la hausse spontanée de ses dépenses, estimée à 4,5%, elle devra trouver 3,8 milliards d’euros d’économies, selon le Haut conseil des finances publiques.

0,3

Pour cent d’augmentation des pensions de retraite versées par l’Assurance vieillesse et des prestations familiales, soit moins d’un cinquième de l’inflation attendue en 2018 (1,6%).

Un coup de rabot de dernière minute, annoncé fin août par le Premier ministre Édouard Philippe, et qui permettra d’économiser 1,8 milliard sur le budget de la Sécu, selon le cabinet du ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin.

350.000

Foyers qui bénéficieront d’une « correction » sur la hausse de la CSG pour les retraités.

Il s’agit des ménages modestes dont les revenus sont à la lisière du seuil faisant basculer de la CSG à taux réduit (3,8%) à la CSG à taux plein (8,3%).

Ceux qui franchiront ce seuil en hausse durant une seule année resteront assujettis au taux réduit pour éviter un « effet de ressaut » lié à « des circonstances ponctuelles », selon le gouvernement.

Le taux normal ne sera appliqué que « lorsque le bénéficiaire de la pension (aura) franchi le seuil pendant deux années consécutives ».

1,4

Million de Français mieux couverts pour leurs frais de santé, grâce à l’extension de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C).

Ce dispositif va absorber à partir du 1er novembre 2019 l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS) et ses 1,4 million d’assurés, qui seront ainsi mieux remboursés à moindre frais.

Car cette CMU-C élargie sera « contributive » pour les futurs ex-bénéficiaires de l’ACS, qui devront s’acquitter au maximum d’un euro par jour, pour les plus âgés.

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