Budget: redistribuer le surplus aux Ehpad et territoires désindustrialisés (Giraud, LREM)

PARIS, 9 mars 2018 (AFP) – La « bonne fortune » budgétaire de la France pourrait être pour partie redistribuée aux Ehpad et aux territoires en proie à la désindustrialisation, voire aux personnes bénéficiant de minima sociaux, estime vendredi Joël Giraud, rapporteur général (LREM) du budget à l’Assemblée nationale.

Edouard Philippe avait estimé en janvier qu’il n’y avait « pas de cagnotte fiscale » car les éventuelles recettes supplémentaires issues de la reprise économique serviraient d’abord à désendetter la France.

Interrogé dans Les Echos pour savoir si l’on peut néanmoins parler de « cagnotte » au vu des bonnes nouvelles budgétaires, Joël Giraud répond « oui, même s(‘il) préfère parler de +bonne fortune+ ».

Le déficit du budget de l’Etat s’est réduit de 1,3 milliard d’euros en 2017 par rapport à 2016 pour atteindre 67,8 milliards d’euros, soit son niveau le plus bas depuis 2008. Il ressort ainsi en amélioration substantielle de plus de six milliards par rapport à celui prévu par la loi de finances rectificative.

Joël Giraud, qui n’avance aucun montant, « sai(t) bien que le ministre Gérald Darmanin veut donner la priorité au désendettement ». Mais « pour ma part, je crois que nous pouvons redistribuer une partie de cette +bonne fortune+, quoique limitée, car il faut rester crédible sur la scène européenne. Disons que nous pourrions consacrer 80% au désendettement et 20% à des mesures d’urgence », estime-t-il.

Ces mesures pourraient concerner les « Ehpad » (maisons de retraite médicalisées) et les « territoires fragilisés par la désindustrialisation », détaille M. Giraud qui avait défendu à l’automne la taxation de certains produits de luxe dans le cadre de la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF).

« Nous devons mettre des moyens pour ces régions qui se délitent. En particulier ces territoires en déshérence industrielle », insiste-t-il, jugeant que l’attention portée par le gouvernement aux territoires ruraux n’a « pas encore été vraiment entendue ».

Concernant un possible coup de pouce à certains minimas sociaux, il juge qu’il faut avoir « d’abord une visibilité de long terme sur toutes les mesures fiscales » avant d’y toucher une nouvelle fois.

Il demande « un tableau concret avec des cas très précis » concernant « l’impact pour chaque catégorie de Français des mesures votées (fin de la taxe d’habitation, hausse de la CSG, baisse des cotisations salariales) » pour « identifier d’éventuels angles morts pour des Français qui perdent avec nos réformes, alors que ce n’était pas prévu ». « Ensuite, il sera bien temps de voir si un effort sur les minima sociaux est nécessaire. »

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