Budget: Solidaires dénonce une « politique d’austérité sans précédent »

PARIS, 12 juillet 2017 (AFP) – Le syndicat Solidaires finances publiques, principal syndicat des impôts, a dénoncé mercredi les mesures d’économie et les réformes fiscales annoncées par le gouvernement, accusé de mettre en oeuvre une « politique d’austérité sans précédent ».

« Le Premier Ministre a confirmé hier la réduction de la dépense publique tout en annonçant une baisse de la pression fiscale dans le but de rendre la France attractive pour les plus riches et les investisseurs étrangers », écrit Solidaires dans un communiqué.

Cette équation budgétaire « risque de faire des dégâts importants en termes notamment d’action publique », ajoute le syndicat, pour qui les mesures prévues par le gouvernement vont se traduire par « une politique d’austérité sans précédent ».

Concernant la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, qui sera enclenchée en 2018 avec une première tranche évaluée à 3 milliards d’euros, Solidaires dénonce un allègement de nature « inégale ».

« Le manque à gagner sera compensé par l’État ». Or « il est fort probable que cette +compensation+ soit de facto payée par l’ensemble des contribuables », écrit par ailleurs le syndicat, qui dit redouter un « effet pervers ».

« Les contribuables qui ne bénéficieront pas de cet allègement », parce qu’ils en sont déjà exonérés, et ceux « qui en bénéficieront peu », parce qu’ils bénéficient déjà d’un plafond, « seraient sollicités pour payer cette compensation », estime-t-il.

Concernant la réforme de l’ISF, qui prévoit de concentrer cet impôt sur le seul patrimoine immobilier, afin de favoriser l’investissement, il « permettra aux plus aisés de voir le montant de leurs impôts baisser de façon conséquente » mais grèvera « les recettes » de l’État, ajoute-t-il.

Dans un entretien aux Échos, Édouard Philippe a précisé que la pression fiscale baisserait de 11 milliards d’euros en 2018, en raison de l’entrée en vigueur de la réforme de l’ISF, de la suppression de la taxe d’habitation, mais aussi de la « flat tax » sur les revenus du capital.

Pour compenser ces baisses d’impôts, le chef du gouvernement a annoncé une baisse de la dépense publique de 20 milliards d’euros l’an prochain, soit un niveau inédit. Le volume global de la dépense publique sera lui quasiment gelé jusqu’en 2020.

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