Budget Travail et Emploi: nouvelles rallonges votées à l’Assemblée pour les handicapés ou ex-détenus

PARIS, 9 novembre 2016 (AFP) – Postes pour des handicapés, référents justice pour favoriser le retour à l’emploi de certains détenus, l’Assemblée nationale a voté mercredi quelques rallonges au budget 2017 du travail et de l’emploi, l’une des priorités de l’exécutif.

Dans les priorités du dernier budget du quinquennat, les crédits pour l’emploi bénéficient d’une hausse de près de deux milliards d’euros, destinée à financer le plan annoncé mi-janvier par François Hollande, notamment la prolongation jusqu’à fin 2017 de la prime à l’embauche PME.

Avec un total de quelque 15,3 milliards d’euros, ces crédits marquent « un effort inédit en faveur de l’emploi », qui bénéficie de « la plus grande part (53%) de la hausse totale des dépenses de l’État pour 2017 », note le rapporteur spécial de la commission des Finances, Christophe Castaner (PS).

Ils permettent notamment la « montée en puissance » de la Garantie jeunes et des dispositifs pour des personnes les plus éloignées du marché du travail (recentrage de Pôle emploi sur les plus en difficulté, plan de formation pour les chômeurs).

Si les députés socialistes et radicaux de gauche ont voté pour ce budget, LR et Front de Gauche l’ont rejeté. Gérard Cherpion (LR) a critiqué un « trompe-l’oeil, qui laissera à vos successeurs une situation catastrophique, en particulier pour les 6 millions de demandeurs d’emploi ».

S’il a salué certaines mesures et hausses, Patrice Carvalho (Front de Gauche) a jugé que « les orientations depuis le début du quinquennat n’ont fait qu’aggraver la situation de l’emploi » via la « politique de l’offre », avec le CICE, ou la loi travail.

Pour ouvrir 500 postes supplémentaires pour des handicapés dans des entreprises adaptées, les députés ont voté dans l’hémicycle, comme en commission, 7,5 millions d’euros supplémentaires pour l’aide aux postes dans ces entreprises, financés par redéploiements de crédits.

« Chaque fois qu’un travailleur handicapé trouve un emploi dans une entreprise adaptée, cela représente une économie moyenne de 10.000 euros pour la collectivité », selon les signataires PS de cet amendement, dont Christophe Castaner et la rapporteure pour avis des Affaires sociales Chaynesse Khirouni.

Le taux de chômage des personnes en situation de handicap est de 22%.

Dans l’hémicycle, comme en commission, les députés ont aussi alloué un peu plus d’un million d’euros -par redéploiement de crédits- aux missions locales pour créer 50 postes de référents justice chargés du suivi d’environ 3.000 jeunes de moins de 25 ans sortant de prison.

Le projet de budget 2017 supprime l’allocation temporaire d’attente (ATA) au plus tard au 1er septembre et réoriente ses bénéficiaires, en particulier les anciens détenus, vers le RSA pour les plus de 25 ans, vers le parcours contractualisé vers l’emploi et l’autonomie (PACE) et vers la Garantie Jeunes pour les moins de 25 ans.

Les missions locales devront donc s’occuper d’un « nouveau public spécifique de jeunes anciens détenus » pour lequel « elles ne sont aujourd’hui pas outillées », selon les défenseurs de l’amendement.

A des interrogations du député LR Julien Aubert sur les futurs référents, leur nombre, leur répartition, Mme El Khomri a plaidé que c’était « une expérimentation », ciblée sur les zones de sécurité prioritaires (ZSP) et destinée à « éviter des sorties sèches de jeunes majeurs incarcérés ».

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