Buzyn: la réforme du numerus clausus « pas la réponse aux déserts médicaux »

PARIS, 12 janvier 2018 (AFP) – La réforme du numerus clausus (le nombre d’étudiants en médecine formés) « n’est pas la réponse aux déserts médicaux », qui sont dus à « un autre problème », a déclaré vendredi la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur Europe 1.

« La réforme du numerus clausus n’est pas la réponse aujourd’hui aux déserts médicaux, c’est un autre problème », a affirmé Mme Buzyn.

« Aujourd’hui, on parle du numerus clausus quand on parle des déserts médicaux en disant qu’il suffirait d’augmenter le nombre de médecins formés pour régler le problème des déserts médicaux. Malheureusement, ceci n’est pas vrai », a dit la ministre.

Notant que « le travail sur l’ouverture du numerus clausus a déjà été fait il y a une dizaine d’années », Mme Buzyn a souligné que « le nombre de médecins formés a doublé entre les années 90 et maintenant ». Il y aura « un nombre important de médecins à partir de 2025 », a-t-elle précisé.

« Par contre, il y a un enjeu qui est de mieux sélectionner nos médecins, de mieux les former. Ce travail sur la formation médicale et sur le concours d’entrée doit être fait » et fera l’objet d’annonces « dans l’année 2018 », a-t-elle indiqué. « Il faut plus de passerelles, des médecins qui viennent d’autres formations, qui ne soient pas uniquement formés par les maths et la physique. Je crois qu’il faut d’autres choses pour être un médecin. Ce travail est en cours », a-t-elle ajouté.

Concernant les hôpitaux publics, Mme Buzyn a réaffirmé qu’il fallait « inventer un nouveau modèle de financement de l’hôpital », ce qui « est très compliqué techniquement » car « il n’y a dans les tiroirs aujourd’hui aucun modèle alternatif ».

« Il faut qu’on arrive à transformer le modèle de financement de l’hôpital pour que ce ne soit pas uniquement un financement qui pousse à une activité démesurée. Il faut qu’on valorise la compétence particulière des hôpitaux, l’enseignement, la recherche, la capacité à faire de la bonne médecine, la qualité des soins », a estimé la ministre.

Les soignants des hôpitaux publics « sont soumis à des pressions budgétaires sans qu’on leur explique le sens de leur travail », ce qui est « très démoralisant », a-t-elle noté.

La ministre souhaite aussi « revaloriser » la rémunération d' »un certain nombre de professions » hospitalières, notamment les orthophonistes et les aide-soignantes « dans les Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ndlr) ». « Avec un budget contraint », il faut « trouver le bon équilibre ».

er/db/kp