Carburants: l’inquiétude grandit dans les entreprises

PARIS, 24 mai 2016 (AFP) – Des fédérations professionnelles et des acteurs économiques ont appelé le gouvernement à prendre des mesures d’urgence devant l’impact que pourrait avoir sur leur activité les blocages de sites pétroliers, au coeur de la contestation du projet de loi travail.

Les Chambres de commerce et d’industrie ont appelé dans un communiqué « le gouvernement à faire cesser les blocages qui nuisent à l’économie et aux entreprises françaises ».

Elles lui ont demandé « d’assumer sa mission de gardien de l’ordre public pour que la reprise économique fragile ne soit pas démolie par le jusqu’au-boutisme de mouvements corporatistes ou idéologiques ».

Dans le bâtiment, la Fédération française du bâtiment (FFB) et la Capeb, qui représente les artisans du secteur, ont aussi appelé le gouvernement à agir.

« Depuis quelques jours, le blocage de plusieurs raffineries et de dépôts de carburant pénalise petit à petit l’activité des entreprises du bâtiment », affirme la FFB dans un communiqué.

« Avec leurs salariés, elles sont prises en otage et éprouvent des difficultés à s’approvisionner en carburant », poursuit-elle.

Selon la Capeb, le nord et l’ouest de la France sont les plus touchés.

La FFB dit redouter que « la pénurie qui s’annonce » n’aboutisse à « une rupture d’approvisionnement des matériaux, au ralentissement de l’activité voire à la fermeture de certains chantiers », alors que le secteur « connaît quelques signes de reprise ».

L’Union des industries chimiques (UIC), fait elle état dans un communiqué de « conséquences sur la production des grandes matières premières en amont: (benzène, éthylène, propylène) ».

« Un risque de pénurie, en particulier pour les entreprises livrées par pipeline, est à craindre », affirme-t-elle, estimant que « toutes les pertes de production induites par cette situation sont irréversibles et ne se rattraperont pas ».

L’UIC met en garde contre les répercussions sur les « secteurs clients comme la plasturgie, l’automobile ».

« La situation actuelle dégrade l’image de notre pays à l’étranger, alors que des investissements significatifs sont envisageables dans plusieurs secteurs de la chimie (nouveaux matériaux, chimie du végétal, économie circulaire…) », a déclaré Jean Pelin, directeur général de l’UIC, dans un communiqué.

Le conflit autour des sites pétroliers s’est encore durci mardi, avec une intervention policière musclée pour débloquer le site de Fos-sur-Mer dans le Sud-Est, tandis que les difficultés d’approvisionnement des stations-service se sont étendues.

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