Carrefour: Alexandre Bompard chahuté lors de sa première assemblée générale

AUBERVILLIERS, 15 juin 2018 (AFP) – Arrivé il y a mois d’un an à la tête de Carrefour, Alexandre Bompard a vécu une première assemblée générale mouvementée, sommé de s’expliquer par des salariés-actionnaires sur la rémunération de son prédécesseur qui a laissé le groupe en piètre forme.

Les protestations ciblaient essentiellement l’ancien PDG du groupe, Georges Plassat, parti à la retraite en juillet 2017 avec plus de 13 millions d’euros, une somme « dépourvue de toute exemplarité » selon la CFDT et qualifiée de « déconnectée » des résultats, en berne, du distributeur.

Devant l’émotion suscitée, M. Bompard a annoncé qu’il allait faire des propositions au conseil d’administration concernant son indemnité de départ, versée au terme de son mandat, qui court jusqu’au 31 décembre 2020, afin qu’elle ne « fasse pas débat ».

Il a également demandé à ce que son intéressement comprenne une part importante en actions, et non en cash. Quant à sa rémunération variable, il a demandé à ce qu’elle tienne compte du free cash-flow (flux de trésorerie disponible) dégagé par l’entreprise, une résolution votée à 75%.

Avant l’ouverture de l’AG à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), une petite centaine de manifestants s’étaient rassemblés à l’appel de la CGT pour protester contre la fermeture des 243 ex-magasins Dia, liquidés « sans état d’âme », et apporter leur soutien aux 2.100 salariés concernés, « bradés et « sacrifiés » selon le syndicat.

« Le mépris de Carrefour n’a aucune limite, les actionnaires viennent en Seine-Saint-Denis se partager le magot », proclamaient plusieurs pancartes aux couleurs du PCF.

A l’intérieur, l’habituelle ambiance feutrée des assemblées générales s’est transformée, au fur et à mesure de l’avancée de la réunion, en un concert de sifflets, voire de protestations, venus de plusieurs dizaines d’actionnaires-salariés, portant chasubles et casquettes orange aux couleurs de la CFDT.

« On est en pertes ! Les objectifs ne sont pas atteints ! » lancent-ils depuis les travées, criant et huant face aux explications de la direction de Carrefour concernant la rémunération de l’ancien PDG, finalement votée à 68%.

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