Carrefour : la direction fait un pas pour compenser la baisse de la participation

PARIS, 14 mars 2018 (AFP) – Carrefour a fait un pas mercredi pour compenser la baisse de la participation des salariés, au lendemain de l’appel à la grève lancé contre les suppressions de postes, la location gérance et la chute de la participation, a-t-on appris de sources concordantes.

Lors d’une réunion, la direction a mis sur la table une somme de 350 euros par salarié, qui serait versée en mai via un complément d’intéressement, ont indiqué à l’AFP FO et la CFDT. Une proposition qui ne satisfait pas les deux premiers syndicats du groupe.

« On prend acte », a déclaré à l’AFP Michel Enguelz (FO), mais « notre demande porte sur 600 euros et c’est sur cette base qu’on veut discuter », a-t-il rappelé. « On ne relâche pas la pression », a renchéri Sylvain Macé (CFDT).

La participation a chuté à 57 euros en moyenne par salarié contre 610 euros l’an dernier.

« Consciente de l’impact de cette baisse sur le pouvoir d’achat », la direction a proposé de « relever ce montant de 57 à 407 euros, au travers du versement d’un supplément d’intéressement forfaitaire de 350 euros », a indiqué de son côté Carrefour.

« La réalité (…) c’est une proposition de moins 200 euros » par rapport à l’an dernier, a insisté M. Macé, qui a aussi évoqué un « résultat de circonstance », avec un résultat « qu’on sert aux salariés » pour la participation et un « résultat pour les actionnaires » qui toucheront « 356 millions d’euros de dividendes ».

Au-delà, il a rappelé le « ras-le-bol complet des salariés qui en ont marre de prendre des coups » avec les fermetures de magasins, notamment Dia, les milliers de suppressions de postes prévues et le passage d’hypermarchés en location gérance dans le cadre du plan annoncé en janvier par le Pdg Alexandre Bompard.

L’appel à la « grève générale » lancé par FO et la CFDT pour le samedi 31 mars, en plein week-end de Pâques, est maintenu, ont précisé les syndicats.

Selon FO, des arrêts de travail étaient recensés mercredi dans « une douzaine de plateformes » logistiques, parmi lesquelles Carpiquet (Calvados), Saint-Vulbas (Ain), Crépy-en-Valois (Oise), Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Selon la direction de Carrefour, « cinq » étaient touchées par des « débrayages, sans blocage ».

M. Enguelz a aussi prédit des « jours agités » avec les négociations salariales qui commencent, seule une augmentation de 0,5% ayant été avancée dans une société du groupe.

La CGT, 3e syndicat chez Carrefour, a lancé de son côté un appel à la grève dans les hypermarchés « dès le vendredi 30 mars » et pour tout le week-end de Pâques, « en vue des négociations salariales ». Elle rappelle qu’elle « revendique depuis des années des salaires mensuels décents (…) au lieu de ces primes aléatoires » comme la participation. Un appel qui pourrait être étendu à l’ensemble du groupe.

sp/lum/cam