Castaner installe la Cellule alerte prévention suicide de la police nationale

PARIS, 29 avril 2019 (AFP) – Alors que 28 suicides de policiers ont été dénombrés depuis le début de l’année, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a installé lundi la cellule alerte prévention suicide (Caps) pour « briser la honte, briser le silence ».

« Il faut briser la peur, il faut briser la honte, il faut briser le silence », a déclaré le ministre lors de l’installation de cette cellule.

La Caps, installée dans le XIIe arrondissement de Paris, sera dirigée par Noémie Angel, inspectrice générale de l’administration et sous-directrice de la prévention, de l’accompagnement et du soutien, épaulée par le médecin-psychiatre Jean-Louis Terra et un officier de police.

Le ministre leur a demandé « d’animer l’ensemble des dispositifs », de « faire de l’analyse ».

« Depuis dix ans, le taux d’utilisation de l’arme dans le suicide n’a pas bougé », a-t-il donné en exemple, « alors je vais laisser à d’autres le soin de commenter les décisions qui ont été prises après les attentats de 2015. C’est un sujet qu’il faut ouvrir et ouvrons-le mais sur la base de statistiques claires qui montrent que le fait qu’on ait laissé des policiers qui le souhaitaient garder leur arme de service pour se déplacer de leur domicile au lieu de travail n’a pas eu d’effet sur l’augmentation du taux de suicide par arme ».

Le ministre demande également à la cellule d’être « force d’initiative », de « regarder ce qui se fait dans les pays étrangers et dans les entreprises privées ».

« On regarde les dispositifs qui existent, qu’il faut conserver, les dispositifs qu’il faut étendre, qu’il faut adapter ou inventer », a-t-il ajouté.

La Caps doit être « une interface, une vigie, un interlocuteur de confiance de tout le ministère », selon M. Castaner qui entend qu’il y ait aussi une « passerelle forte avec la gendarmerie ».

Vingt-huit policiers, deux gendarmes et deux pompiers, se sont donné la mort depuis janvier. En 2018, 35 policiers et 33 gendarmes se sont suicidés, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

« Je ne veux plus entendre +ça n’avait rien à voir avec le service, c’était personnel+ (…) La quasi totalité des cas n’est pas liée au service mais le service n’est pas étranger », a dit M. Castaner.

« Un Français sur cinquante meurt par suicide. (…) C’est énorme, c’est effrayant et ça mérite que cela devienne une cause nationale dans tous les milieux et notamment dans un milieu qui compte des pertes », a déclaré Jean-Louis Terra, psychiatre.

« Je veux souligner que le monde de la Police nationale, de la gendarmerie est un des rares à compter les pertes réellement. Nous n’avons pas dans le domaine de la santé le nombre de médecins, d’infirmières qui décèdent chaque année », a-t-il relevé.

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