Centrales à charbon: mobilisation de la CGT contre leur fermeture programmée

NANTES, 29 mars 2018 (AFP) – Les centrales à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) et du Havre (Seine-Maritime) étaient à l’arrêt jeudi dans le cadre d’une journée d’action à l’appel de la CGT pour réclamer au gouvernement un moratoire sur leur fermeture prévue en 2022, a-t-on appris auprès du syndicat.

« A Cordemais, on a mis les deux tranches charbon à zéro hier à 21H00 jusqu’à ce soir à 21H00 », a dit à l’AFP Gwenaël Plagne, délégué CGT de la centrale EDF de Cordemais,

Environ 300 militants CGT, salariés de la centrale et du port de Nantes/Saint-Nazaire, bloquaient jeudi matin l’entrée du site, selon le syndicaliste. Ils étaient 80 selon la préfecture.

Au Havre, une centaine de salariés de la centrale thermique EDF et du port ont bloqué jeudi matin pendant 01h30 un rond-point proche du site, a indiqué la CGT. Selon la CGT et la direction, la centrale est à l’arrêt depuis le 3 mars en raison d’un mouvement social.

Les deux autres centrales à charbon françaises encore en activité n’étaient pas touchées par de telles fermetures.

A Gardanne (Bouches-du-Rhône), la centrale à charbon « est à l’arrêt depuis trois jours » mais « en raison d’un problème technique, une fuite sur la chaudière », a précisé à l’AFP Nadir Hadjali, secrétaire général adjoint CGT sur le site. La centrale à biomasse continuait elle à tourner, selon le syndicaliste.

A Saint-Avold (Moselle), aucun des 95 salariés n’était en grève, selon le syndicat. « La situation économique de notre centrale est compliquée, donc on ne veut pas rajouter un facteur pour acter la fermeture. On mise sur le dialogue social », a expliqué à l’AFP Bianca Sansinena, déléguée CGT.

La fédération nationale CGT des Mines et Énergie réclame un « moratoire » sur l’arrêt de la production d’électricité à partir de charbon d’ici 2022. Cette date est jugée « prématurée » par le syndicat, alors que la France accuse du retard dans le développement de l’éolien en mer et que des projets alternatifs au charbon sont à l’étude.

« Laissez-nous du temps pour vous montrer qu’on peut réduire nos émissions de CO2 et sauvegarder des emplois », plaide Gwenaël Plagne.

La CGT des Mines et Énergie et celle des Ports et Docks ont demandé dans un courrier du 15 mars à rencontrer le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot pour aborder l’avenir des centrales thermiques.

Le gouvernement a lancé une mission afin d’évaluer l’impact socio-économique de l’arrêt des centrales à charbon et proposer des contrats de transition écologique aux territoires concernés. Les conclusions sont attendues courant avril.

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