Ces professions qui réclament des masques introuvables

PARIS, 20 mars 2020 (AFP) – Soignants mais aussi policiers, caissiers ou encore éboueurs: des professionnels de nombreux secteurs réclament des masques devenus rares pour se protéger en continuant leur activité pendant la crise sanitaire du Covid-19.

Soignants en première ligne

Plusieurs professions en première ligne face à la pandémie (médecins, infirmiers, pharmaciens, et vendredi les pompiers) ont fait état ces derniers jours de pénuries de masques, indispensables à leurs personnels pour éviter la propagation du virus au contact des patients ou clients.

Tout en dénonçant des vols « inacceptables » dans des hôpitaux, le gouvernement a reconnu des « difficultés logistiques » dans la fourniture de masques.

L’Etat a néanmoins indiqué jeudi que 30 millions de masques avaient été livrés depuis trois jours aux pharmacies ou établissements de soins, mentionnant avoir des stocks de 100 millions d’unités.

Les policiers interdits de masque

Les policiers qui doivent faire respecter le confinement sans matériel de protection se sentent plus que vulnérables face à la menace du coronavirus.

Des syndicats ont protesté contre l’interdiction faite aux forces de l’ordre de porter un masque et l’idée d’un droit de retrait, peu usité en sécurité publique, est désormais avancée par certains syndicats.

« L’interdiction de nous protéger est un scandale! », s’est notamment insurgé le syndicat de policiers Unsa. « Nous ne sommes pas des supers héros (…) Aller à la guerre sans arme, c’est une hécatombe », estime-t-il.

Les caissiers face aux nombreux clients

Des milliers de salariés de la distribution sont au travail sans masque ni gants, au grand dam des syndicats qui réclament du matériel, voire des primes et un droit de retrait.

Olivier Guivarch de la CFDT Services a notamment écrit à la ministre du Travail pour exiger une « protection obligatoire » et la fermeture des parties non alimentaires des magasins.

En attendant, certains employés se protègent avec les moyens du bord: « on bricole », témoigne Nadine derrière un rideau de cellophane tendu entre les caisses d’une supérette parisienne.

De son côté, la direction de Carrefour indique que des gels hydroalcooliques et des gants sont à disposition des employés et que le nettoyage a été renforcé. Chez Auchan, on indique que les collaborateurs « les plus exposés » seront équipés à compter de vendredi de masques FFP2.

Eboueurs, agents de station d’épuration

Les éboueurs ainsi que les employés des entreprises de traitement d’eau et de déchets ont fait part de leur besoin criant de masques pour se protéger.

Le gouvernement a répondu favorablement à la demande des acteurs de la filière d’assainissement des eaux: les employés, notamment ceux des stations d’épuration, pourront obtenir des masques.

La filière « contribue au besoin essentiel d’alimentation et d’hygiène, et est en particulier indispensable pour permettre le lavage régulier des mains », a rappelé le ministère de la Transition écologique.

L’industrie pharmaceutique qui doit poursuivre la production

Pour le secteur pharmaceutique, la question de la mise à disposition de masque est cruciale, selon Frédéric Collet, le président du Leem, la fédération des entreprises du médicament.

« Si nous n’avons pas ces masques, nous risquons de fragiliser notre capacité de produire » dans les usines de médicaments où ils sont nécessaires, indiquait M. Collet en milieu de semaine à l’AFP, précisant que le Leem cherche des solutions, potentiellement avec des producteurs de masques en tissu.

« Impatience » chez les télécoms

Orange, qui avait remis des stocks de masques pour se conformer aux réquisitions pour les personnels soignants, attend avec « une grande impatience » de recevoir de nouveaux masques pour ses équipes chargées de maintenir les réseaux, a expliqué vendredi son PDG Stéphane Richard.

La « guerre » contre le coronavirus « ne se gagne pas uniquement avec les soldats au front, c’est-à-dire les personnels soignants, ça se gagne aussi avec les lignes arrières, c’est-à-dire la logistique, l’alimentation, les réseaux », a-t-il insisté.

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