Cession de McDo marseillais: la direction parle de « désinformation », les salariés à Bercy

PARIS, 5 septembre 2018 (AFP) – Le projet de cession de six McDonald’s de l’agglomération marseillaise a donné lieu « à beaucoup de désinformation », a déploré mercredi la direction de l’enseigne, au moment où une délégation de salariés et leur avocat, reçus à Bercy, faisaient part d’un « élément nouveau ».

« Nous sommes dans un contexte de tensions, de menaces, parfois même de violences, (…) avec beaucoup de désinformation », a déclaré à l’AFP au cours d’un entretien téléphonique Sébastien Bordas, vice-président de McDonald’s France en charge des régions du Sud.

Concrètement, Jean-Pierre Brochiero, franchisé McDonald’s, veut céder six de ses restaurants marseillais, dont cinq à un autre franchisé McDo, l’établissement de Saint-Barthélemy, dans les quartiers Nord, au coeur du conflit avec les salariés, étant quant à lui promis à la société de restauration halal asiatique Hali Food.

Un projet global présenté lundi devant le juge des référés du tribunal de grande instance de Marseille comme « une escroquerie » par Me Ralph Blindauer, l’avocat des salariés, qui fustige un « plan social caché » et demande l’annulation du projet de cession. La décision est attendue vendredi.

Mais Me Blindauer a déposé mercredi une requête en réouverture des débats « sur la base d’un élément nouveau ».

Alors qu’il devait être reçu avec une délégation de salariés à Paris par le délégué interministériel aux restructurations Jean-Pierre Floris, l’avocat a expliqué que le repreneur de l’établissement des quartiers Nord, « présenté comme devant investir 500.000 euros sur ses deniers personnels », n’avait déclaré que « plus de 8.000 euros » de revenus en 2017, copie de l’avis d’imposition à l’appui.

« On attend que la vérité éclate au grand jour », a dit l’un des membres de la délégation, qui devait présenter au ministère ces éléments, en espérant que M. Floris puisse « faire entendre raison » à McDonald’s France.

Pour M. Bordas, « la seule spécificité du McDo de Saint-Barthélemy est malheureusement d’ordre économique ». Il affirme que ce restaurant a perdu 3,3 millions d’euros ces neuf dernières années et que son chiffre d’affaires annuel stagne autour de 2,6 millions d’euros depuis son ouverture en 1997: « En 2017, le franchisé a fait 410.000 euros de pertes, alors que nous l’avions pourtant exonéré de quelque 300.000 euros de loyer ».

Quant au projet Hali Food il est concret et réel, insiste M. Bordas, mettant en avant les 500.000 euros d’investissements prévus, le permis de construire déposé et la présence du repreneur lors d’une réunion sur le dossier la semaine dernière à la préfecture à Marseille.

« Ce sont des signes forts, de sacrées garanties, sur l’emploi, l’investissement », plaide M. Bordas, en ajoutant que McDonald’s France, qui doit rester propriétaire des murs et du terrain, « va exonérer de loyer le futur repreneur la première année d’activité ».

Quant aux personnalités politiques qui se sont mobilisées autour de ce dossier, de Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, à Samia Ghali, sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône, en passant par Jean-Claude Gaudin, le maire LR de la ville, M. Bordas affirme partager « les mêmes priorités » qu’eux et M. Brochiero : « maintenir l’activité et pérenniser l’emploi ».

« Nous avons des ambitions pour Marseille », assure M. Bordas, en rappelant l’ouverture de cinq restaurants à Marseille ces cinq dernières années, pour 20 millions d’euros d’investissements de départ et 250 emplois nets créés.

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