CFDT: Berger veut construire un agenda social « autonome » avec le patronat

RENNES, 6 juin 2018 (AFP) – Laurent Berger, numéro un de la CFDT, a annoncé mercredi qu’il allait proposer au patronat cet été, une fois le nouveau président du Medef élu, de construire « un agenda social autonome » de celui imposé par l’exécutif.

Au congrès de la CFDT à Rennes, le leader syndical a invité les militants à reprendre « la main sur l’avenir du dialogue social interprofessionnel » et de ne pas exonérer « le patronat de ses responsabilités ».

« Cet été, le paysage patronal sera renouvelé. Je proposerai au patronat un rendez-vous pour construire un agenda social autonome », a expliqué Laurent Berger.

Estimant que les « sujets ne manquent pas », il a cité notamment « transformation des activités et de l’emploi, règles et protections adéquates pour les formes d’emploi émergentes, santé et qualité de vie au travail, conciliation des temps de vie et de travail avec en point de mire une banque du temps universelle ».

« C’est notre responsabilité de première organisation syndicale dans le privé d’impulser cette démarche », a insisté Laurent Berger, rejoignant ainsi Pascal Pavageau, numéro un de Force ouvrière, qui avait porté le même discours dès qu’il a été élu en avril.

« Ne nous laissons pas enfermer dans un débat, pour l’heure stérile, avec le pouvoir, sur la place qu’il veut bien nous accorder », a encore souligné le secrétaire général de la CFDT.

Il en a profité pour égratigner à nouveau l’exécutif, relevant que « l’annonce d’une réforme par jour c’est du même ordre que l’annonce d’une manifestation par jour: cela participe du mouvement mais pas de la transformation sociale ».

« Il n’y aura pas de transformation en profondeur de la société contre ses acteurs, sans ceux qui mettent en oeuvre les réformes », a-t-il martelé, expliquant que les « partenaires sociaux ont un rôle majeur à jouer dans la construction, la mise en oeuvre et la bonne application des droits ».

Il a en outre souligné lors d’un point presse que les cinq dirigeants syndicaux allaient se réunir de nouveau « ce mois-ci », mais que la date n’était pas encore fixée.

Parallèlement, Laurent Berger a également invité le gouvernement à mettre « la pression sur le patronat » pour que les employeurs ne se limitent pas à une application « a minima de la loi » réformant le code du travail, notamment sur la fusion des instances représentatives du personnel.

« Il y a des endroits où ça se passe correctement et il y a des endroits où ça va moins bien », a-t-il dit, nommant ouvertement « Axa ».

Il a ainsi réclamé que le gouvernement « s’engage à prendre de nouveaux décrets fixant le nombre d’élus et les moyens, si les employeurs continuent de refuser de faire vivre un dialogue social loyal et de qualité ».

Seul candidat en lice, Laurent Berger doit être réélu cette semaine pour un troisième mandat à la tête de la CFDT.

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