CFTC: Cyril Chabanier, un futur président dans la continuité « réformiste »

PARIS, 4 novembre 2019 (AFP) – Ancien arbitre de tennis et économiste âgé de 46 ans, le futur président de la CFTC, Cyril Chabanier, milite depuis 17 ans au sein de ce syndicat dont il loue les valeurs « réformistes » et « constructives », promettant de féminiser et rajeunir ses instances dirigeantes.

Tout comme l’actuel président Philippe Louis, âgé de 64 ans et qui doit lui passer la main vendredi, ce quadra originaire des Bouches-du-Rhône est très discret, un point commun aux présidents du cinquième syndicat français.

C’est un homme « jeune, avec un esprit ouvert. Il va apporter du sang neuf, c’est intéressant pour la suite », estime Eric Courpotin, haut dirigeant de la CFTC, comme lui à la fédération de la protection sociale. Il « est dans la lignée de Philippe Louis ».

Jean-François Foucard, de la CFE-CGC — qui siège comme M. Chabanier au conseil d’administration de Pôle emploi — table aussi sur une « continuité » et met en avant son « calme ». « Il est réservé et posé. Je ne l’ai jamais vu s’énerver ».

Ce n’est que le 1er octobre que ce statisticien à la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) est sorti du bois pour annoncer sa candidature lors d’une conférence de presse, aux côtés de Philippe Louis.

Cheveux courts grisonnants en brosse, lunettes rectangles, il a alors promis fidélité aux valeurs sociales chrétiennes, « fondamentales » à la Confédération française des travailleurs chrétiens.

« C’est une boussole, pas une fin en soi », insiste-t-il auprès de l’AFP. « Je n’ai pas intégré un syndicat avec des références religieuses, mais avec des valeurs comme l’humanisme, la dignité de la personne, le bien commun », développe M. Chabanier.

– « Il ne va pas à la contestation » –

Il est adoubé par l’actuel président, à la tête de la confédération depuis 2011, qui aime son « état d’esprit de la négociation, du dialogue social », son « dynamisme ». « Il ne va pas à la contestation », ajoute M. Louis, des « valeurs » chères à la CFTC, proche par ses positions de la CFDT.

Cyril Chabanier est membre du conseil confédéral (direction élargie) de la CFTC depuis 2015, de même qu’administrateur de l’Unédic, l’organisme paritaire gestionnaire de l’assurance chômage.

Diplômé d’une maîtrise en sciences économiques et d’un DESS en sciences sociales, il a adhéré à la CFTC en 2002, un syndicat « constructif et réformiste », selon lui.

La même année, il se présente comme tête de liste CFTC à la Cnaf, avant d’élargir ses responsabilités au sein de la Sécurité sociale. Puis il intègre la fédération de la protection sociale, où il gravit les échelons, passant de secrétaire général adjoint en 2009 à secrétaire général en 2012 puis président depuis 2016.

Né le 28 mars 1973 à Arles, il avait un sérieux hobby avant d’être pris au jeu du syndicalisme: le tennis. « C’est une passion. J’ai eu la chance d’arbitrer des matchs à Roland-Garros et à la Coupe Davis », raconte-t-il les étoiles dans les yeux.

Au sein de la CFTC, une fois élu, il veut instiller deux règles au sein de la future équipe dirigeante: « Du rajeunissement et de la féminisation ».

Sur les retraites, un dossier délicat en cours de discussion, il considère que la réforme universelle par points voulue par Emmanuel Macron est nécessaire, jugeant le régime actuel « loin d’être juste ».

Quant au mouvement des « gilets jaunes », ils apportent « des propositions intéressantes » mais aucune convergence n’est possible, à ses yeux. « Il faut que chacun garde son rôle »: « Il y a la démocratie participative, et il faut la développer, la favoriser, c’est les +gilets jaunes+. Et il y a la démocratie délibérative, qui doit être dans les prérogatives des syndicats ».

Domicilié à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), le syndicaliste continuera de faire des allers-retours hebdomadaires entre la capitale, en semaine, et son sud, le week-end, où il va « se ressourcer auprès de ses oliviers, sa lavande et ses cigales ».

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