CGG coupe à nouveau dans ses effectifs pour surmonter la chute du pétrole

PARIS, 5 novembre 2015 (AFP) – Le groupe français de services parapétroliers CGG a annoncé une nouvelle coupe claire dans ses effectifs pour les réduire de 40% au total à la fin 2015 afin de faire face à un marché pétrolier durablement dégradé, qui a déjà grevé ses résultats trimestriels.

Ces annonces ont été sanctionnées à la Bourse de Paris, où l’action CGG s’effondrait de 11,85% à 3,54 euros à 12H12 (11H12 GMT), dans un marché en hausse de 0,82%.

L’entreprise spécialisée dans les études et équipements sismiques est frappée de plein fouet par la réduction des investissements des compagnies pétrolières face à la chute des cours du pétrole, réduits de plus de moitié depuis mi-2014.

« Nous considérons aujourd’hui, comme tous les acteurs du secteur d’ailleurs, que cette situation est non plus temporaire, mais durable », a averti le directeur général, Jean-Georges Malcor, lors d’une conférence téléphonique.

Dans le cadre de sa transformation amorcée fin 2013, CGG veut dès lors réduire encore plus ses coûts et son exposition aux activités très cycliques de sa division marine notamment pour se concentrer sur les missions à très fort contenu technologique.

– La France touchée –

Le groupe va supprimer 930 emplois supplémentaires dans le monde, dont 310 en France, après la réduction déjà annoncée d’environ 2.000 postes sur un total de 9.700 comptabilisé à la fin 2013.

En tout, les effectifs du groupe devraient avoir été réduits à 6.320 à la fin de l’année, soit une baisse de plus de 30% en deux ans, et même de 40% par rapport à la fin 2012.

« Pourquoi voulons-nous aller plus loin? Tout d’abord parce que notre marché s’est considérablement détérioré depuis l’été, conduisant à un prix du baril durablement bas, qui oscille entre 40 et 50 dollars, et à des dépenses d’exploration de nos clients en forte contraction », a expliqué M. Malcor.

La France, qui jusque-là avait été « relativement préservée, est touchée de façon sévère », a commenté la CFDT, évoquant de son côté la suppression de 318 postes dans le pays et la fermeture de deux sites. Il s’agit maintenant d' »obtenir des conditions de départ satisfaisantes basées essentiellement sur le volontariat et de réduire l’ampleur des départs », a ajouté le syndicat joint par l’AFP.

Cette nouvelle réduction des effectifs va entamer les « capacités de recherche et d’innovation » du groupe, a déploré la CGT: « pour une approche financière à court terme, on sacrifie une expertise qui a mis des décennies à être construite ».

La voilure de la flotte de prospection sismique sera aussi réduite à nouveau et passera à 5 navires d’ici au deuxième trimestre 2016, contre 18 fin 2013.

– Augmentation de capital? –

« Ce rééquilibrage de portefeuille vers des activités à forte valeur ajoutée et la réduction drastique de nos coûts nous permettent de nous adapter au nouvel environnement de marché, de résister dans le bas de cycle que nous traversons, même s’il doit durer, et d’être dans la meilleure configuration possible pour tirer profit du rebond quand il viendra », a assuré M. Malcor.

Au terme de la transformation de CGG d’une société d’acquisition sismique en un groupe intégré dans les géosciences, le chiffre d’affaires de la division géologie, géophysique et réservoir (GGR) représentera plus de 60% de l’activité du groupe.

Mais les charges liées à cette opération ont grevé les résultats trimestriels et continueront à affecter les comptes futurs, principalement aux deuxième et troisième trimestres 2016, a prévenu CGG.

Pour y faire face, le groupe envisage trois options possibles à une échéance qui n’a pas été précisée: la vente d’actifs non stratégiques, une augmentation de capital ou l’entrée d’intérêts minoritaires dans certains de ses actifs.

« J’insiste sur le point minoritaire », a dit le directeur général, alors que CGG avait échappé fin 2014 à une tentative de rachat hostile par son concurrent Technip.

Sur la période allant de juillet à fin septembre, la perte nette a été multipliée par neuf à 1,07 milliard de dollars, contre un résultat net négatif de 116 millions de dollars un an plus tôt. C’est bien plus que la capitalisation boursière du groupe, qui s’élevait à 646 millions d’euros jeudi matin.

Le résultat opérationnel a été divisé par près de 13 à 4 millions de dollars, pour un chiffre d’affaires en chute de 32% à 470 millions de dollars.

Mobilisé sur la gestion de sa trésorerie, CGG est toutefois parvenu à dégager un cash flow libre positif de 22 millions de dollars, contre -63 millions de dollars au troisième trimestre 2014.

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