Chèque syndical: pour la CGPME, ce serait une « erreur »

 PARIS, 20 octobre 2015 (AFP) – La CGPME, organisation patronale, s’est opposée mardi à la création d’un chèque syndical, une piste avancée par le Premier ministre Manuel Valls, estimant que faire payer la cotisation syndicale par l’employeur « serait une erreur ».

« Les salariés doivent pouvoir choisir librement d’adhérer ou non à une organisation syndicale » et « le gouvernement n’a pas à leur tenir la main aux frais de l’entreprise », a affirmé l’organisation patronale dans un communiqué.

La CGPME se dit « attachée à un dialogue social apaisé et constructif », mais « vouloir à tout prix faire rentrer les syndicats dans les TPE/PME par le biais, hier, des Commissions paritaires régionales », prévues dans la loi Rebsamen, « et demain, par le chèque syndical, consistant à faire payer par l’employeur la cotisation syndicale, serait une erreur ».

« Le versement de cotisations syndicales peut déjà permettre de bénéficier d’un crédit d’impôt sur le revenu », rappelle l’organisation patronale.

L’idée ne fait pas non plus l’unanimité dans le camp syndical.

« Nous sortir le chèque syndical, comme modernité, il pourra repasser le Premier ministre », a lancé Jean-Claude Mailly (FO) sur BFM Business mardi. « Ca fait 30 ans que ça existe et ça ne marche pas, ça donne même lieu à du trafic. »

A l’inverse, le leader de la CFDT, Laurent Berger, avait salué lundi cette idée, « une vieille revendication de la CFDT », qui permet une « contribution des employeurs à l’adhésion syndicale ».

Dans son discours de clôture de la conférence sociale lundi, le Premier ministre avait plaidé pour « une meilleure reconnaissance du fait syndical dans l’entreprise, y compris des moyens qui lui sont donnés ». « On ne peut se plaindre du trop peu d’adhérents dans les syndicats et ne pas donner les moyens aux syndicats d’accomplir leur mission » et « je pense par exemple au chèque syndical », avait-il dit.

De son côté, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a affirmé mardi que dans le cadre du projet de loi sur la réforme du droit du travail, qu’elle doit présenter début 2016, se pose aussi « la question de la formation, du temps laissé aux syndicats » et « le chèque syndical est une piste parmi d’autres ».

« La qualité des personnes qui vont mener la négociation est pour moi essentielle », a insisté la ministre sur France Inter.

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