Chez Carrefour, une prime de 200 euros pour les salariés

PARIS, 11 janvier 2019 (AFP) – Carrefour a annoncé vendredi le versement prochain à ses salariés d’une prime exceptionnelle de 200 euros, dans le cadre de la prime que le président Emmanuel Macron avait souhaité en décembre voir versée par les employeurs « qui le peuvent », a-t-on appris de sources concordantes.

Cette prime sera versée fin février aux salariés gagnant jusqu’à 4.500 euros brut par mois, indépendamment de leur temps de travail (temps complet ou partiel), a-t-on précisé de mêmes sources.

L’annonce a été faite lors d’une réunion avec les syndicats. En décembre, une première réunion « dans le cadre de l’actualité sociale » n’avait débouché sur aucune proposition.

« En dépit de l’impact des événements de ces dernières semaines et de ses résultats », Carrefour a « quand même décidé de s’associer à l’effort national en faveur du pouvoir d’achat », a souligné une porte-parole du groupe de distribution.

« Mépris » et « politique injuste », a réagi Franck Gaulin (CGT). Le syndicat, qui revendiquait notamment une prime de 1.000 euros annuelle, a mis « en perspective le montant consacré à cette prime », environ 20 millions d’euros, avec « les 356 millions d’euros versés aux actionnaires ».

« On attendait un montant faible », a déclaré pour sa part Sylvain Macé (CFDT), pour qui « l’effort n’est pas suffisant et va forcément décevoir les salariés ». Il a jugé en revanche « plutôt positif » que la même prime soit versée aux salariés à temps complet ou à temps partiel (26% de l’effectif).

La CFDT sera aussi « très vigilante » pour que ce bonus « ne soit pas repris lors des négociations salariales qui vont s’ouvrir », a-t-il ajouté.

« L’enjeu, ce sont les NAO » (négociations annuelles obligatoires sur les salaires, ndlr), a aussi insisté FO, en « prenant acte de cette décision unilatérale ».

Le montant de l’intéressement et de la participation, qui devrait être connu dans quelques semaines, est très attendu. L’an dernier, l’annonce en mars de la participation – 57 euros en moyenne contre 610 l’année précédente – avait été l’un des catalyseurs d’une grève massive le 31 mars, en plein week-end de Pâques, qui avait perturbé des centaines de magasins.

Pour répondre à la colère, Carrefour avait finalement mis sur la table, outre un complément d’intéressement de 350 euros, un bon d’achat maison de 150 euros pour un salarié à temps complet.

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