Chômage: confirmation de la baisse ou nouveau yo-yo en avril ?

PARIS, 23 mai 2016 (AFP) – L’éclaircie va-t-elle durer sur le front du chômage ? Le gouvernement publie mercredi le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi à fin avril, après la très forte baisse enregistrée en mars.

Cette publication interviendra dans un contexte social tendu, à la veille d’une nouvelle journée de grèves et de manifestations contre le projet de loi travail jeudi.

L’indicateur de Pôle emploi a connu, en mars, sa plus forte baisse depuis la crise, avec 60.000 chômeurs de moins (-1,7%) en métropole. Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a aussi diminué sur le trimestre, de 49.500 (-1,4%), une embellie qui a surtout profité aux jeunes (-2,7%).

Des chiffres qui ont fait dire à Myriam El Khomri que l’inversion de la courbe du chômage, tant de fois promise depuis le début du quinquennat, était « en cours ». « C’est une évolution positive, nous n’avons jamais été aussi près, et mon travail, c’est de me battre au quotidien pour qu’elle soir durable », a ajouté la ministre du Travail.

Fin mars, Pôle emploi recensait tout de même 3,53 millions de chômeurs en métropole et 5,76 millions en incluant l’Outre-mer et les demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite.

Et au cours des derniers mois, les baisses du chômage ont toujours été suivies de hausses. Pire, la France n’a plus connu deux mois consécutifs de baisse depuis fin 2010.

Mais le gouvernement veut voir dans ces soubresauts une preuve que la reprise est bien là, avec son lot de contrats courts qui ne manqueront pas, dans un deuxième temps, de se transformer en contrats durables.

– Accélération de la croissance –

Plusieurs indicateurs confortent cette thèse, à commencer par les embauches. En hausse continue depuis mi-2014, elles ont bondi de 4,8% au premier trimestre, pour atteindre un niveau inédit depuis 2011. Cette dernière hausse, qui a essentiellement profité aux TPE, est concomitante de l’entrée en vigueur d’une nouvelle aide aux petites entreprises lancée en janvier.

Résultat: le marché de l’emploi reprend des couleurs, avec 106.700 créations nettes de postes dans le secteur marchand sur un an.

Cette embellie est notamment tirée par l’intérim, dont les effectifs ont bondi de 11% entre mars 2015 et mars 2016. L’emploi intérimaire est considéré comme un indicateur précurseur des tendances sur le marché du travail.

Autre motif d’espoir, l’accélération de la croissance: après avoir augmenté de 1,2% en 2015, le produit intérieur brut (PIB) a cru de 0,5% sur le seul premier trimestre 2016.

Le gouvernement table sur une croissance de 1,5% sur l’année, soit le seuil requis, selon les économistes, pour que les créations d’emplois absorbent l’augmentation de la population active et fassent reculer le chômage.

Le président François Hollande a conditionné son éventuelle candidature à un second mandat à une baisse « crédible » du chômage en 2016.

L’autre indicateur du chômage, le taux de l’Insee, a déjà entamé une légère baisse. Après avoir atteint un pic au troisième trimestre 2015, à 10,2% de la population active en métropole, il est repassé sous la barre des 10% en fin d’année, à 9,9%. Il s’est depuis stabilisé à ce niveau.

Mais, parmi les différents organismes de prévision, seul l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) voit le chômage baisser significativement, à 9,5% fin 2016.

jah/jg/it