Chômage en Outre-mer: l’écart « reste marqué » avec la métropole (Insee)

PARIS, 24 juin 2019 (AFP) – L’écart entre le taux de chômage de l’Hexagone et celui des Outre-mer (Martinique, Guadeloupe, La Réunion, Guyane et Mayotte) « reste marqué », selon l’Insee, celui des Outre-mer étant au minimum le double de celui la métropole, et même quasiment multiplié par 4 à Mayotte.

Alors que le taux de chômage s’établit à 9% en 2018 dans l’Hexagone, il atteint 18% en Martinique (20% lors de la dernière étude en 2014), territoire où il est « le plus contenu outre-mer », note une étude de l’Insee publiée lundi. « Le halo du chômage », ces personnes qui souhaitent travailler mais ne cherchent pas activement ou ne sont pas disponibles, équivaut quant à lui à près de 90% du volume des chômeurs contre moins de 60% en métropole.

Le taux de chômage en Guadeloupe s’établit à 23 % (24% en 2014), et le chômage des moins de 30 ans reste très élevé, avec 47% de la population active. Le « halo autour du chômage » est comparativement moins important qu’en Martinique, représentant 70% du nombre de chômeurs en 2018.

En Guyane, le taux de chômage s’est abaissé de 22% en 2014 à 19% en 2018. Et celui des moins de 30 ans reste le plus faible des DOM (32%), mais encore deux fois supérieur à celui de la France métropolitaine. Les effectifs du « halo autour du chômage » représentent près du double du nombre de chômeurs.

A La Réunion, marquée fin 2018 par un mouvement des « gilets jaunes » contre les inégalités sociales, le taux de chômage s’établit à 24% (26% en 2014), mais celui des moins de 30 ans se maintient à 42%. Et le halo du chômage équivaut à 80% de l’effectif des chômeurs.

Avec un taux de chômage à 35% (20% en 2014), Mayotte se distingue nettement des autres territoires avec une situation qui s’est fortement dégradée en quatre ans « du fait notamment de la forte croissance démographique », souligne l’Insee.

Dans « un contexte de structuration progressive du marché du travail » après la départementalisation de 2011, « le nombre d’inactifs dans le halo autour du chômage diminue, au bénéfice de la population active », contribuant aussi à « la forte augmentation du chômage entre 2014 et 2018 », ajoute l’Insee.

Et le mouvement social de mars et avril 2018 contre l’insécurité et pour le rattrapage social a aussi entrainé à la hausse le taux de chômage au premier semestre 2018, précise l’Insee.

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