Chômage: l’association SNC lance un manifeste pour un « Grenelle » de l’emploi

PARIS, 1 mars 2017 (AFP) – L’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) a lancé mercredi un manifeste invitant les candidats à la présidentielle à organiser, dès l’été, un « Grenelle pour l’emploi et le travail » avec l’ensemble des parties prenantes, seule solution à ses yeux pour changer le système « en profondeur ».

Ce manifeste, adressé aux principaux candidats, est déjà signé par un collectif de 18 personnalités de tous bords, comme les présidents de régions Xavier Bertrand (LR) et Alain Rousset (PS), le président de la Fédération des acteurs de la solidarité Louis Gallois ou la philosophe Cynthia Fleury.

Il est aussi diffusé sur le web pour élargir les signatures, y compris à tous les citoyens, a expliqué Gilles de Labarre, président de SNC, lors d’une conférence de presse.

L’association de lutte contre le chômage propose de tenir un « Grenelle de l’emploi et du travail » qui durerait six mois, « sur le modèle du +Grenelle de l’environnement+ en 2007 »: un « grand débat national » associant « toutes les parties prenantes » de l’emploi et « pas seulement les partenaires sociaux comme les conférences sociales » de François Hollande, a détaillé M. de Labarre.

Il démarrerait dès juillet par une concertation locale « sur ce qui marche dans les territoires », suivie d’une concertation nationale par secteurs à l’automne, puis d’un « grand séminaire de synthèse » qui définirait les engagements. La dernière étape, fin 2017, permettrait de « faire évoluer le cadre institutionnel ».

« Six mois sur un quinquennat ça n’est pas beaucoup et si l’on veut changer les choses en profondeur, on ne peut pas faire l’économie de ce grand débat », selon M. de Labarre, qui prévient: « si on se contente à nouveau de mesures partielles, on créera encore plus de frustration, comme ça a été le cas depuis 2012 parce que des mesures, à l’image du contrat de génération, n’ont pas été pensées globalement ».

SNC propose cinq pistes de réformes, dont une refondation de l’assurance chômage qui passerait par sa généralisation, ainsi que par une dégressivité des cotisations patronales en fonction de la durée des contrats.

Elle propose aussi de permettre aux organisations représentant les chômeurs de participer aux instances nationales (CESE, Pôle emploi…), ou encore de « déroger à certaines dispositions du code du Travail pour rendre possible des expérimentations ».

Fondée en 1985, l’association possède un réseau de 2.400 bénévoles, et accompagne plus de 3.500 chercheurs d’emploi.

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