Chômage: les chiffres de Pôle emploi s’invitent dans la campagne

PARIS, 24 mars 2017 (AFP) – Pôle emploi publie vendredi les chiffres du chômage de février, alors que la campagne présidentielle bat son plein et que les candidats rivalisent de propositions pour revenir au plein-emploi.

Le nombre d’inscrits sur les listes de Pôle emploi à fin février sera dévoilé à 18H00 par le ministère du Travail.

Après avoir vu partir 105.400 chômeurs en 2016, une baisse inédite depuis la crise, Pôle emploi a connu en janvier une stabilisation (+800, +0,0%) de ses inscrits en catégorie A (sans activité). L’opérateur recensait en métropole 3,47 millions de chômeurs en métropole et 3,72 millions avec l’Outre-mer.

La situation des jeunes, principaux gagnants de l’année 2016, a continué de s’améliorer en janvier (-0,3%), tandis que celle des seniors s’est de nouveau détériorée (+0,6%).

La précarité, quant à elle, a continué de croître, Pôle emploi enregistrant une hausse de 1,1% du nombre de demandeurs d’emploi exerçant une petite activité. Ceux-ci, classés en catégories B et C, avaient déjà augmenté de 5,5% sur l’ensemble de 2016.

Que réservent les prochains mois sur le front du chômage ? Les prévisions divergent.

Si l’Unedic, gestionnaire de l’assurance chômage, s’attend à une année difficile, avec 47.000 chômeurs de plus, l’Institut national de la statistique voit, lui, le taux de chômage baisser au premier semestre. Il passerait, selon l’Insee, de 10,0% à 9,8% en France entière, soit le niveau le plus bas depuis 2012.

L’OCDE, quant à elle, voit le chômage baisser en France jusqu’à 9,7% fin 2017.

– Les recettes du plein-emploi –

Mais en pleine période électorale, les prévisions sont très hypothétiques, car elles risquent d’être rapidement remises en cause par la politique économique que mènera le futur président.

Dans la course au plein-emploi, Benoît Hamon (PS) est le plus ambitieux, avec son objectif de ramener le taux de chômage à 5,8% en 2022. Suit Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), qui promet un taux de 6,2%. Emmanuel Macron (En Marche!) et François Fillon (LR) tablent, quant à eux, sur 7% en fin de quinquennat. Marine Le Pen (FN) n’a pour sa part pas fixé d’objectif.

Leurs recettes pour parvenir au plein-emploi sont aux antipodes.

Marine Le Pen mise sur la sortie de l’euro, assortie de mesures protectionnistes, pour favoriser l’emploi français. Elle défend notamment une taxe sur l’embauche de salariés étrangers ou l’idée de réserver la commande publique aux entreprises françaises.

Emmanuel Macron et François Fillon prônent, eux, des mesures libérales : baisses de charges, remise en cause plus ou moins forte des 35 heures, priorité à la négociation d’entreprise… Les deux candidats proposent, en outre, de renforcer le contrôle des chômeurs, pour vérifier qu’ils cherchent bien du travail.

Benoît Hamon, de son côté, veut inciter financièrement les entreprises à réduire le temps de travail, pour préparer le pays à une raréfaction du travail. Dans la même optique, les salariés auraient un « droit inconditionnel » à passer à temps partiel.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il préconise un plan d’investissement de 100 milliards d’euros et l’embauche de 860.000 emplois aidés et publics. Il promeut, en outre, un « droit opposable à l’emploi ». L’Etat embaucherait les chômeurs de longue durée en dernier ressort sur des missions d’intérêt général.

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