Chômage: l’Insee publie ses derniers chiffres avant la possible candidature de Hollande

PARIS, 16 novembre 2016 (AFP) – François Hollande va-t-il gagner son pari d’inverser la courbe? La publication jeudi du taux de chômage de l’Insee au 3e trimestre est très attendue, à quelques semaines d’une possible déclaration de candidature que le président conditionne à une baisse.

L’indicateur de l’Institut national de la statistique, seul thermomètre du chômage reconnu à l’international, est déjà sur la bonne pente. Après avoir atteint un pic au 3e trimestre 2015, à 10,2% de la population active en métropole (10,5% avec l’outre-mer), le taux est redescendu à 9,6% mi-2016 (9,9%), son plus bas niveau depuis fin 2012.

« Oui », la courbe est d’ores et déjà « inversée », clamait fin octobre le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Si la baisse continue, le chômage pourrait même, avant la fin du quinquennat, revenir à son niveau du début de mandat (9,3% en métropole et à 9,7% en France entière).

Cela peut-il se produire dès ce trimestre ? Non, si l’on se fie aux dernières prévisions de l’Insee, qui tablent, dans l’immédiat, sur une stagnation du chômage.

Mais plusieurs indicateurs permettent d’espérer mieux.

A commencer par les créations nettes d’emplois, qui ont atteint au 3e trimestre un niveau jamais vu depuis la crise de 2008. Les effectifs du secteur privé ont augmenté de 52.200 postes entre juillet et septembre, soit bien plus qu’attendu par l’Insee.

Sur la même période, l’autre thermomètre du chômage, le nombre d’inscrits en catégorie A (sans activité) à Pôle emploi, a baissé de 35.200 personnes.

Ces bons chiffres coïncident avec une reprise de la croissance (+0,2%), après le coup d’arrêt du 2e trimestre, et une nouvelle accélération des embauches (+2,9%), qui flirtent désormais avec leur record de 2011.

– Incrédulité des Français –

Toutefois, la récente embellie n’efface pas la dégradation du marché du travail depuis 2012.

Contrairement au taux de chômage de l’Insee, qui est quasiment revenu à son niveau du début de mandat, l’indicateur de Pôle emploi reste en très forte hausse depuis mai 2012. A ce jour, l’opérateur recense 3,49 millions de chômeurs en métropole, soit 567.700 de plus qu’au début du quinquennat de François Hollande.

Et malgré sa forte volatilité, cet indicateur est, de loin, la statistique du chômage la plus commentée. Les prochains chiffres de Pôle emploi, arrêtés à fin octobre, seront publiés le 24 novembre.

Par ailleurs, certains, dans l’opposition et parmi les syndicats, accusent le gouvernement de tenter de baisser artificiellement les chiffres du chômage, notamment avec le plan de 500.000 formations supplémentaires pour les demandeurs d’emplois. En entrant en formation, les demandeurs d’emploi quittent les catégories A, B ou C de Pôle emploi, pour rejoindre la catégorie D, moins commentée.

Cela alimente l’incrédulité des Français vis-à-vis des récents bons chiffres. Selon deux récents sondages, huit Français sur dix ne croient pas à l’inversion de la courbe du chômage.

Cette défiance ne fait pas les affaires de François Hollande, qui a souvent affirmé qu’il ne briguerait pas de second mandat en 2017 sans baisse « crédible » du chômage. Le chef de l’Etat doit annoncer sa décision au plus tard le 15 décembre.

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