Chômage: mercredi, premier rendez-vous d’une année cruciale avec les chiffres de janvier

PARIS, 22 février 2016 (AFP) – Le gouvernement français publie mercredi le nombre de demandeurs d’emploi à fin janvier, première statistique de 2016, année cruciale pour François Hollande qui joue son va-tout avec une réforme du travail promettant d’accorder une flexibilité inédite aux entreprises.

Le très volatil indicateur des inscrits à Pôle emploi repartira-t-il la baisse? Après avoir diminué en novembre, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité avait augmenté de 15.800 personnes (+0,4%) en décembre, concluant l’année 2015 sur un record de 3,59 millions de chômeurs en métropole.

Un pic a également été atteint avec l’outre-mer et les demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite (5,78 millions) et le chômage de longue durée a continué de gagner du terrain.

François Hollande a redit vendredi que faute de résultats, il ne serait pas en lice en 2017 pour un nouveau mandat.

Néanmoins, Pôle emploi a enregistré en 2015 la plus faible hausse d’inscrits sans aucune activité depuis 2010. Et l’économie française a recommencé à créer des emplois dans le secteur privé après trois années négatives.

Les créations (47.100 postes estimés) restent très en deçà de la hausse naturelle de la population active, mais François Hollande et le gouvernement comptent transformer ces signaux positifs avec le plan « d’urgence » visant notamment à former 500.000 chômeurs supplémentaires aux métiers d’avenir ou en pénurie.

Afin d’accélérer les embauches au moment où la croissance repart, le gouvernement a également annoncé une prime de 2.000 euros par an et par embauche (plus de 6 mois, jusqu’à 1,3 fois le salaire minimum) pour les entreprises de moins de 250 salariés. Une aide qui s’ajoute aux milliards d’exonérations de cotisations sociales et réductions d’impôts accordées aux entreprises par le Pacte de responsabilité.

A plus long terme, l’exécutif mise sur la nouvelle réforme du travail que Myriam El Khomri présentera le 9 mars en Conseil des ministres. Celle-ci pousse plus loin la flexibilité introduite en 2013 pour répondre à l’attente du patronat de « lever la peur de l’embauche ».

– un projet « déséquilibré » –

Outre la primauté des accords d’entreprise en matière de temps de travail, le recours au référendum pour valider des accords signés avec des syndicats minoritaires et le plafonnement des indemnités prud’homales, le projet clarifie les conditions de licenciement économique pour sécuriser les employeurs.

Côté sécurisation des salariés, il crée le Compte personnel d’activité (CPA) pour attacher une série de droits sociaux (formation, pénibilité) à la personne, et non au statut, et instaure un « droit à la déconnexion ».

Si le projet satisfait la droite et le patronat, il a été accueilli à gauche par une volée de bois vert. Au-delà des frondeurs du PS, le premier secrétaire du parti Jean-Christophe Cambadélis a estimé qu' »en l’état », il aurait « du mal » à voter ce texte. C’est un « copier-coller des revendications du Medef », « il faut reprendre tout à zéro », a réagi le député Jean-Marc Germain, proche de Martine Aubry.

Alors que l’examen du texte à l’Assemblée nationale en avril promet d’être musclé et que le gouvernement n’exclut pas un recours au 49-3, François Hollande assure que « les salariés français ne verront aucun de leurs droits remis en cause ». Ce projet donne « à la négociation la place qu’elle n’a jamais eue », a-t-il fait valoir.

Côté syndicats, l’accueil a été unanimement hostile. Même la CFDT, qui a soutenu la plupart des réformes du quinquennat, a jugé le texte « très déséquilibré entre la flexibilité et la sécurité ». Le patron de la CGT Philippe Martinez a appelé à « une riposte » commune devant ce qu’il qualifie de « recul historique pour les droits des salariés ».

Dans ce contexte tendu, les syndicats retrouvent lundi les organisations patronales pour renégocier les règles d’assurance chômage, sous la pression du gouvernement qui leur demande de « tout faire » pour favoriser le « retour à l’emploi » et diminuer la dette du régime.

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