Chômage technique: Le Maire ouvert au déplafonnement, qui coûterait des « centaines de millions d’euros »

COLOMBES, 12 mars 2020 (AFP) – Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire s’est dit jeudi ouvert au déplafonnement du dispositif de chômage technique, actuellement limité au niveau du Smic, en indiquant que le coût pour les finances publiques dans le cadre de la crise du coronavirus serait « très élevé ».

« Je pense qu’il faudrait déplafonner » le dispositif, a affirmé le ministre, en déplacement chez un traiteur des Hauts-de-Seine, ajoutant que « ça va se chiffrer en centaines de millions d’euros, mais je pense que c’est de l’argent bien dépensé ».

L’indemnité horaire compensatrice versée par l’Etat aux employeurs ayant recours au dispositif d’activité partielle atteint jusqu’à présent le niveau du Smic (8,03 euros net de l’heure).

« Je pense qu’il faut profiter de cette crise et des difficultés économiques actuelles pour porter une amélioration radicale du dispositif de chômage partiel en France », a-t-il ajouté, dénonçant un système « lacunaire » et « trop lent ».

Par ailleurs, il a annoncé la création prochaine d’un « fonds de solidarité » pour aider les entreprises en difficulté à cause des répercussions du coronavirus sur leur activité.

« Je veux juste m’assurer que (l’argent) va bien à ceux qui en ont vraiment besoin », a-t-il ajouté, faisant suite à une demande unanime de la dizaine de chefs d’entreprises présents à cette table-ronde.

L’accès à ce potentiel fonds, dont le montant n’a pas été précisé, serait décidé sur des critères de chiffre d’affaires, pour le « réserver aux plus petites entreprises », et de perte de chiffre d’affaires ou d’exploitation, a précisé le ministre.

« Je ne veux pas que le fonds permette à certains de se défausser de leur responsabilité », a-t-il insisté, citant les banques, les assureurs et les grands donneurs d’ordre.

Par ailleurs, il a évoqué un nouveau renforcement du plan de garantie des crédits par Bpifrance, qui sera étendu aux entreprises de taille intermédiaire.

Interpellé sur le niveau d’aide débloqué par l’Etat après les annonces de plan de plusieurs dizaines de milliards d’euros en Italie, en Allemagne ou au Royaume-Uni, Bruno Le Maire a défendu la « stratégie » française.

« La France fait exactement la même chose et au même niveau », a-t-il assuré, disant espérer que « ces mêmes Etats » se mobiliseront pour lancer un plan de relance européen.

Il a également estimé que le plan de soutien annoncé par l’Allemagne « va dans la bonne direction ».

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