Chômeurs/sanctions: « les situations personnelles » seront prises en compte, assure Pénicaud

 PARIS, 17 juin 2018 (AFP) – Les « situations personnelles » seront prises en compte lors de « l’appréciation », par Pôle emploi, des sanctions à prendre lorsqu’un chômeur est amené par exemple à refuser deux offres « raisonnables » d’emploi, a promis dimanche Muriel Pénicaud sur RMC et BFM TV.

Le barème des sanctions visant un chômeur qui ne remplit pas ses « obligations » (insuffisance de recherche d’emploi, absence à une convocation, refus de deux offres raisonnables d’emploi) va être réformé par la loi « avenir professionnel », projet porté par la ministre du Travail, qui doit être voté mardi à l’Assemblée.

« L’offre raisonnable d’emploi (…) jusqu’ici, avant que la loi ne soit votée, est la même pour tout le monde » et « ne prend pas en compte la situation personnelle. Aujourd’hui, c’est les mêmes règles pour tous », c’est-à-dire qu’après deux refus d’offre « raisonnable » d’emploi, « le chômeur est sanctionné », a rappelé la ministre.

« Demain, on dit qu’on va personnaliser, c’est-à-dire que le conseiller Pôle emploi discutera avec le demandeur d’emploi, non seulement en terme de types de rémunérations et de qualifications, mais aussi sur les conditions qui permettent d’accepter » une offre d’emploi, et ce « avant » que des propositions lui soient faites, a-t-elle expliqué.

Par exemple, lorsque « vous êtes une femme seule avec deux enfants » dans un « bassin d’emploi rural », et qu’il « y a bien un emploi qui est à 30 kilomètres », mais que « vous n’avez pas de permis ou pas de voiture, et que les crèches ne sont pas ouvertes à temps » alors « vous ne pouvez pas prendre cet emploi », a dit la ministre du Travail.

Mais il n’y aura pas de « règle +après coup+ » car « on cible avant », et cela « permet que l’appréciation des efforts faits » par le demandeur d’emploi « prenne en compte les situations personnelles », a-t-elle expliqué.

« Cela protégera les plus vulnérables, qui n’ont pas forcément les mêmes moyens » et « au lieu que ça tombe au hasard à la fin, ce sera convenu à l’avance », a-t-elle conclu, estimant « normal » que le système d’assurance chômage comporte « des droits et des devoirs ».

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