Chute des dépenses de santé et bond des arrêts de travail en avril (Assurance maladie)

PARIS, 18 mai 2020 (AFP) – Stoppées net mi-mars par le confinement, les dépenses de santé ont fortement diminué en avril, sauf pour les soins infirmiers, les hôpitaux publics et les arrêts de travail, dont le coût a presque doublé, a indiqué lundi l’Assurance maladie.

Après le violent coup de frein observé fin mars, certaines professions ont frôlé la panne: c’est notamment le cas des dentistes, dont les remboursements ont chuté de 94% par rapport à avril 2019, précise la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) dans un communiqué.

Le ralentissement s’est aussi accentué pour les kinés (-80%), les laboratoires de biologie médicale (-38%) et les transports sanitaires (-35%).

Chez les médecins, la tendance est restée plus marquée pour les spécialistes (-53%) que pour les généralistes (-28%), qui ont limité la casse grâce aux téléconsultations.

Dans les pharmacies, après une phase de « stockage » fin mars, les ventes de médicaments ont baissé de plus de 10% en avril.

Seuls à tirer leur épingle du jeu, les infirmiers affichent des remboursements quasi-stables et la facture des hôpitaux publics a même augmenté de 2% malgré l’interruption des activités chirurgicales, quand les établissements privés ont perdu 28% de leurs recettes.

Au milieu de ce marasme sanitaire, une catégorie de dépenses a battu des records: les indemnités journalières ont augmenté de 87%, portées par l’explosion des arrêts maladie, en particulier pour garde d’enfant ou pour les personnes « vulnérables » au coronavirus, qui « ont bondi à partir de début avril », souligne la Cnam.

Dans l’ensemble, les dépenses (corrigées des variations saisonnières) ont reculé de 6,5% par rapport à avril 2019. La tendance sur douze mois a ralenti à 2%, contre 2,8% en mars et 3,1% en février.

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