Clause Molière: gare à la « dérive nationaliste », dit Gattaz

PARIS, 14 mars 2017 (AFP) – Le numéro un du Medef, Pierre Gattaz, a dit mardi avoir un avis « mitigé » sur la « clause Molière », qui vise à imposer le français sur les chantiers de certaines régions, mettant en garde contre la « dérive nationaliste » à laquelle cela pouvait conduire.

« Il faut faire attention qu’on ne se recroqueville pas encore une fois sur nous-mêmes, sur la France, sur les Français », a déclaré M. Gattaz lors de sa conférence de presse mensuelle.

« Si nous voulons construire l’Europe, il faut être ouverts », a-t-il estimé.

La clause Molière, introduite en Ile-de-France, dans les régions Hauts-de-France, Normandie et d’Auvergne-Rhône-Alpes, est censée lutter contre la directive européenne des travailleurs détachés en imposant la langue française sur les chantiers dont la région est maître d’oeuvre.

« Il faut réguler les travailleurs détachés, ce qui est fait actuellement. Il faut tout faire pour réduire la fraude, il faut améliorer l’intégration de nos salariés extérieurs à la France », a jugé le président de l’organisation patronale.

Soulignant toutefois qu’il était préférable de parler français sur les chantiers pour des raisons de « sécurité », d' »ordre » et de « communication », M. Gattaz a souligné que cela pouvait comporter des dérives « communautaire ou nationaliste ».

« Vous commencez comme ça, et puis après vous commencez à faire du favoritisme, et puis ensuite vous fermez les frontières françaises, et puis vous finissez par sortir de l’euro », a-t-il averti.

Indiquant que 180.000 Français travaillaient en Europe sous le statut de travailleur détaché, il a insisté sur le fait que la France ne s’en sortirait que « grâce à l’Europe et l’euro ».

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