Colère syndicale dans plusieurs secteurs après des morts et des cas confirmés du Covid-19

PARIS, 27 mars 2020 (AFP) – Les décès du Covid-19 d’une salariée de Carrefour à Saint-Denis et d’un intérimaire de Manpower en mission chez Fedex à Roissy, et le cas confirmé d’un employé d’Amazon à Saran près d’Orléans ont soulevé vendredi la colère des syndicats qui réclament de meilleures protections.

La direction de Carrefour a confirmé le décès d’une salariée de 52 ans au Carrefour de Saint-Denis. « C’est un drame absolu, nos pensées vont à sa famille et ses proches. La direction de l’hypermarché a mis en place une cellule psychologique pour ses collègues », a indiqué l’enseigne.

La CGT qui a annoncé le décès de cette déléguée syndicale recense « aujourd’hui (dans ses secteurs) plus de 550 cas supposés et 181 cas avérés, dont plusieurs graves » et réclame que les salariés soient équipés de masques.

Elle demande aussi au gouvernement d’imposer à la grande distribution « de n’ouvrir que les rayons des produits de première nécessité, de restreindre les amplitudes d’ouvertures et de fermer le dimanche. »

La CGT Intérim a de son côté annoncé le décès d’un intérimaire en mission au hub Fedex de Roissy, mardi et réclamé « l’arrêt de toutes les missions ne répondant pas aux besoins essentiels de la population », le droit de retrait et l’accès aux mesures d’activité partielle, « quelle que soit la durée de leur contrat de mission, tant que les conditions de travail présenteront des dangers graves de contamination ».

Chez Amazon, le premier syndicat du groupe en France, SUD, a tenu une conférence de presse téléphonique après l’annonce mardi d’un cas confirmé par un test de Covid-19 à l’entrepôt de Saran, près d’Orléans.

Selon Laurent Degousée, délégué de SUD Commerce et services, 39 personnes de l’équipe de ce salarié testé positif au Covid-19 ont été mis en confinement depuis mardi mais « au moins 90 personnes ont été en contact » avec lui.

« Amazon a certes mis en oeuvre des mesures de sécurité, mais les règles de distance sont simplement impossibles à mettre en oeuvre et il n’y a pas de masques », souligne-t-il.

Le syndicat se réserve la possibilité de « saisir le juge judiciaire pour ordonner la fermeture des entrepôts sous astreinte, si le gouvernement ne bouge pas ».

Comme la CGT et la CFDT, SUD réclame la fermeture des entrepôts français du groupe, qui n’acheminent selon les syndicats que très peu de produits prioritaires (comme les produits d’hygiène) et continuent de traiter les articles de loisir, jeux, BD, DVD etc., en dépit de l’annonce le 21 mars du groupe de ne plus prendre les commandes de produits « moins prioritaires » en France et en Italie.

La direction d’Amazon assure pour sa part « tout mettre en oeuvre pour s’assurer que les salariés puissent travailler dans les meilleurs conditions sanitaires possibles, et respecte les droits dus aux salariés ».

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