Compte pénibilité: les entreprises du bâtiment disent ne pas savoir comment l’appliquer « concrètement »

PARIS, 30 mars 2016 (AFP) – A trois mois de l’entrée en vigueur complète du compte pénibilité, les entreprises du bâtiment ne savent toujours pas comment appliquer « concrètement » cette mesure emblématique de la réforme des retraites de 2013, a affirmé mercredi leur fédération patronale.

« C’est incohérent dans nos métiers, on ne sait pas faire. Qu’on nous explique comment on fait, concrètement », a lancé Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB) lors d’une conférence de presse consacrée au bilan 2015 du secteur.

Selon lui, « on risque de mettre 380.000 entreprises dans l’insécurité juridique à partir du 1er juillet », date à laquelle le dispositif doit entrer pleinement en vigueur.

Outre la FFB, deux organisations patronales, la Capeb (artisanat et petites entreprises du bâtiment) et l’UPA (artisans et commerçants) ont demandé au gouvernement de reporter cette échéance d’un an – une requête restée sans réponse à ce jour, selon la fédération.

« On nous dit que c’est simple comme un clic, mais on en est à la troisième mission d’évaluation mise en place par le gouvernement », a ironisé le responsable patronal.

« Il y a 34 unions de métiers, on regarde les situations de travail pour les six facteurs de pénibilité, mais dans nos métiers c’est très complexe » car les ouvriers exécutent des tâches multiples, enchaînent des postures variées et vont d’un chantier à l’autre, a expliqué M. Chanut.

Le compte pénibilité vise à permettre aux salariés ayant exercé des métiers pénibles d’accumuler des points pour partir plus tôt à la retraite, se former ou travailler à temps partiel.

Il est entré partiellement en vigueur le 1er janvier 2015 pour quatre premiers facteurs : travail de nuit, travail répétitif, en horaires alternants ou milieu hyperbare.

Le gouvernement a déjà accepté de repousser au 1er juillet la mise en oeuvre des six autres critères : postures pénibles, manutentions manuelles de charges, agents chimiques, vibrations mécaniques, températures extrêmes, bruit.

Depuis le départ, le patronat a dénoncé une « usine à gaz » et une « bombe à retardement » pour les entreprises.

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