Conférence nationale du handicap: les associations entre soutien et critiques

PARIS, 11 février 2020 (AFP) – Les associations de défense des personnes handicapées ont apporté un soutien prudent mardi aux annonces du président Emmanuel Macron lors de la Conférence nationale du handicap (CNH), mais se sont interrogées sur leur financement et ont émis plusieurs réserves et critiques.

Dans un communiqué, le collectif Handicaps, qui regroupe 48 associations, a salué un « discours mobilisateur », ajoutant: « Reste maintenant à transformer la vie quotidienne des personnes en situation de handicap ».

« Nous allons être très vigilants pour voir comment tout ceci va être mis en musique », d’autant que l’allocution du chef de l’Etat ne comportait « aucun chiffre sur les financements », a regretté auprès de l’AFP le président de l’APF France Handicap, Alain Rochon.

Ce responsable associatif a salué la clarification apportée par le chef de l’Etat sur l’avenir de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), qui ne sera pas intégrée dans le futur revenu universel d’activité (RUA), mais aussi sur l’ouverture d’un débat concernant l’assistance sexuelle pour les personnes handicapées.

De son côté Luc Gateau, président de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), a salué des avancées concernant le maintien de l’AAH, la scolarisation, ou la simplification des démarches. Cependant, « le compte n’y est pas », notamment en ce qui concerne le manque de places dans les structures spécialisées, a-t-il estimé.

Les 1.000 places supplémentaires annoncées sont « notoirement insuffisantes », a jugé M. Gateau, qui réclame « un plan d’urgence » pour aider les familles « gardant chez elles des personnes lourdement handicapées ».

Pour la Fédération des aveugles de France, « des engagements ont été pris sur l’inclusion scolaire, le nombre de places en établissements ou l’accessibilité numérique », cependant « nombre de ces mesures demeurent encore floues et les dispositions concrètes pour les mettre en oeuvre restent à découvrir ».

« Nous attendons du concret. En particulier, les personnes aveugles n’ont rien entendu sur l’accès au livre, sujet pourtant bien connu du gouvernement puisque seuls 8% sont accessibles », a souligné son président Vincent Michel dans un communiqué.

Quant à l’Unafam, qui représente les familles de personnes malades et/ou handicapés psychiques, elle a déploré que cette thématique n’ait pas été évoquée. Sa présidente Marie-Jeanne Richard a exprimé dans un communiqué sa « colère de voir que les trois millions de personnes en situation de handicap psychique ont été exclues ce matin: le terme n’a même pas été mentionné ».

ab/bfa/pb