Conforama: FO au ministère du Travail pour « alerter » l’Etat

PARIS, 11 mars 2019 (AFP) – Une délégation FO a « alerté » lundi l’Etat sur la situation de l’enseigne Conforama et de ses salariés, dénonçant « l’opacité totale » de l’entreprise sur un éventuel projet de cession et de restructuration, lors d’un rendez-vous au ministère du Travail.

« Nous sommes venus alerter l’Etat et le mettre devant ses responsabilités », a déclaré à l’AFP à l’issue de ce rendez-vous Jacques Mossé-Biaggini, délégué syndical central FO de Conforama, évoquant les « 120 millions d’euros » d’aides publiques (CICE, exonérations) perçues ces dernières années par l’entreprise.

Les quelque 9.000 salariés « n’ont pas à payer pour les malversations financières » du propriétaire de Conforama, le groupe sud-africain Steinhoff, englué depuis plus d’un an dans un scandale financier lié à des irrégularités comptables, a-t-il ajouté. D’autant que selon lui Conforama est « rentable » avec « un résultat d’exploitation de 190 millions d’euros en 2018 ».

La direction de l’enseigne d’ameublement et d’équipement de la maison n’a, selon les syndicats, ni confirmé ni infirmé la semaine dernière aux représentants du personnel des informations de presse faisant état d’un projet de cession de l’enseigne, doublé d’un plan de restructuration, avec à la clé la suppression de milliers de postes.

Cette réunion a « permis de faire un point d’étape sur la situation », a simplement indiqué de son côté la direction de l’entreprise.

La direction « ne veut rien dire, c’est l’opacité totale », a dénoncé M. Mossé-Biaggini. Il a décrit des salariés, « pour la plupart avec une grande ancienneté », « dans un état déplorable à cause du manque d’informations » et de conditions de travail qui se dégradent avec « 2.000 emplois perdus depuis quatre ans », selon une estimation de FO.

« On considère déjà qu’on est dans un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) qui ne dit pas son nom », via des départs non remplacés et des ruptures conventionnelles, a poursuivi M. Mossé-Biaggini.

Le dossier étant suivi par le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), FO souhaite maintenant être reçu à Bercy. « La seule chose qui nous importe, c’est l’emploi », a conclu le délégué syndical.

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