Congé deuil enfant: la CFDT se retire de la concertation car « tout a déjà été annoncé »

PARIS, 13 février 2020 (AFP) – La CFDT a décidé de se retirer de la concertation sur le soutien aux parents face au deuil d’un enfant car « tout a déjà été annoncé par les parlementaires », a-t-on appris auprès du syndicat jeudi.

Le syndicat, qui avait participé à une première réunion la semaine dernière, n’ira pas à la deuxième réunion prévue vendredi au ministère du Travail avec les partenaires sociaux.

« On nous demande d’aller à une concertation dont on nous donne déjà les conclusions. On ne veut pas être utilisés comme faire-valoir pour aider le gouvernement à sortir d’une ornière », a-t-on indiqué au syndicat, confirmant une information du Monde selon laquelle son secrétaire général, Laurent Berger, avait envoyé un courrier en ce sens à la ministre du Travail Muriel Pénicaud et au secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance Adrien Taquet.

Le député Mounir Mahjoubi a annoncé mardi que les députés LREM proposaient de porter le congé pour deuil d’enfant à « quinze jours ouvrés » contre cinq jours actuellement, dix jours après le tollé suscité par un refus initial d’allonger sa durée.

Ces « quinze jours ouvrés » – trois semaines « de répit de deuil » avec les week-ends – seront « universels, c’est-à-dire pour les actifs: salariés du privé, fonctionnaires, artisans, indépendants, agriculteurs », a dit le député de Paris sur Sud Radio, en précisant que des propositions seraient également faites sur « l’accompagnement financier des familles au moment des obsèques » et leur « accompagnement psychologique ».

« Mon souci c’est plus les familles que Laurent Berger », a réagi Adrien Taquet sur Public Sénat. « On leur a tous dit: on va vous revoir pour présenter les premières pistes ». Sur l’allongement du congé, « je veux entendre les associations là-dessus et les partenaires sociaux », a-t-il ajouté, rappelant qu’une réunion était déjà programmée ce jeudi avec les associations familiales.

« Les partenaires sociaux n’avaient pas été initialement consultés par le député qui portait la loi », a souligné de son côté Muriel Pénicaud sur RTL. « Le temps n’est plus aux polémiques », a-t-elle jugé, assurant « ne pas être fâché avec Laurent Berger ».

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