Congé parental: les dépenses s’effondrent de 22,2% (Cnaf)

PARIS, 11 octobre 2018 (AFP) – Les dépenses d’indemnisation du congé parental se sont effondrées de 22,2% entre 2016 et 2017, principalement parce que les pères ont été très peu nombreux à demander à en bénéficier, malgré une récente réforme visant à les y inciter, selon des chiffres publiés jeudi par la Cnaf.

Le budget « petite enfance » de la Caisse nationale d’allocations familiales a diminué de 3,9% en un an, ce qui s’explique majoritairement par cette chute des dépenses consacrées au congé parental, a expliqué la Cnaf dans une étude statistique.

Depuis le 1er janvier 2015, les parents d’au moins deux enfants doivent, pour continuer à bénéficier comme auparavant d’un congé parental de trois ans, se le partager en faisant en sorte que le père s’arrête de travailler au moins un an.

Or, « très peu de couples » partagent cette prestation, et la majorité préfère donc renoncer à cette troisième année de congé indemnisé, analyse la Cnaf. Comme la réforme s’applique aux enfants nés à partir de 2015, les familles concernées sont « massivement » sorties du dispositif en 2017, c’est-à-dire, dans la plupart des cas, après deux ans de congé pour la mère.

Le congé parental permet aux parents de cesser ou réduire leur activité professionnelle pour s’occuper d’un enfant de moins de 3 ans. Il est indemnisé 396 euros par mois pour une cessation complète d’activité.

En mai dernier, la ministre des Solidarités, Agnès Buzyn, avait indiqué que la « Prépare » (Prestation partagée d’éducation de l’enfant) ferait l’objet d’une nouvelle réforme avant la fin du quinquennat. Ce dispositif « est un échec relatif car les pères ne prennent pas ce congé », avait-elle observé.

En 2017, la Cnaf a versé un total de 72,4 milliards d’euros de prestations (+0,8% par rapport à 2016), a par ailleurs détaillé la Caisse dans son étude publiée jeudi.

Ce montant se répartit en 30,2 milliards pour les prestations familiales (-0,3%), 17,5 milliards pour les aides au logement (-0,4%) et 24,7 milliards (+3,2%) pour la solidarité et le soutien à l’activité. Parmi ce dernier poste de dépenses, la prime d’activité, créée début 2016, compte pour 5,1 milliards, en hausse de 10,7%.

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