Congrès CFDT: Laurent Berger remobilise les troupes et répond aux critiques

RENNES, 4 juin 2018 (AFP) – Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a réaffirmé lundi le positionnement « réformiste » et « pragmatique » du syndicat, au premier jour de son 49e congrès à Rennes, préférant regarder « le verre à moitié plein » des victoires obtenues.

« Pour la première fois depuis la création du syndicalisme en France en 1895 (…) nous sommes le premier syndicat dans le secteur privé. Soyons fiers ! », a déclaré M. Berger devant quelque 2.300 délégués et militants.

Refusant d’avoir « la victoire modeste », le patron de la CFDT, qui brigue un troisième mandat, a préféré se concentrer sur « le verre à moitié plein ». Parmi les victoires obtenues, il a cité la complémentaire santé obligatoire ou le compte personnel de formation, même s’il a reconnu des « limites » et des « insuffisances ».

« Les solutions ne viendront jamais d’un homme ou d’une femme providentielle mais de l’intelligence collective », a insisté M. Berger, renvoyant dos à dos un patronat « ringard bloqué au XXe siècle » et un gouvernement qui entretient cette « toute petite musique lancinante de défiance à l’égard des syndicats ».

« On dit de notre syndicalisme qu’il est pragmatique (…) Mais notre ambition n’en est pas moins radicale: il s’agit de transformer ce réel, autrement dit de changer le travail pour changer la société », a expliqué Laurent Berger. « La CFDT ne veut pas troquer la recherche d’avancées concrètes pour les travailleurs contre le fantasme d’une déstabilisation du pouvoir démocratique. C’est bien pour cette raison que la CFDT a rejeté toute convergence des luttes », a-t-il encore souligné.

En butte à une grogne de militants qui auraient souhaité le voir endosser une ligne plus dure à l’égard des ordonnances réformant le droit du travail à l’automne, Laurent Berger a répondu aux critiques, reconnaissant qu’il était « parfois difficile d’être syndicaliste à la CFDT ».

« Nous n’étions pas déçus mais en colère », face aux ordonnances, a déclaré Christine Jacq, rappelant, sous des applaudissements, que son syndicat (santé-sociaux du Finistère) avait manifesté en septembre au côté de la CGT.

Guillaume Danard (CFDT Protection sociale Bretagne) a insisté sur « les effets néfastes des ordonnances », en particulier la fusion « insupportable » des instances représentatives du personnel, vu comme « un recul important ».

« A la suite des ordonnances Macron, nous allons avoir beaucoup de difficulté à maintenir des militants dans nos structures syndicales », a de son côté regretté Philippe Lengrand (CFDT Ile-de-France).

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