Congrès de la CFE-CGC : Carole Couvert mise en difficulté

PARIS, 11 décembre 2015 (AFP) – Rififi à la CFE-CGC, à six mois de son 36e congrès: la présidente Carole Couvert n’a pas obtenu l’investiture de sa fédération d’origine, l’énergie, pour briguer un nouveau mandat, mais ses partisans partent au combat pour qu’elle puisse se représenter.

La fédération énergie a voté jeudi contre sa candidature par 297 voix contre 211, a-t-on appris vendredi auprès de la CFE-CGC, qui a confirmé des informations du Figaro.

Selon les statuts, Mme Couvert 42 ans, ancienne de chez GDF-Suez, doit avoir l’aval de sa fédération d’origine pour se représenter au prochain Congrès, les 1er et 2 juin à Lyon.

Dans un communiqué, cette fédération n’a pas explicité les raisons de son rejet, mais a présenté deux autres cadres pour siéger dans la prochaine direction.

« C’est une monstruosité de nos statuts: une fédération de 6.000 adhérents peut exercer un droit de veto sur une confédération de 160.000 membres », s’est exclamé auprès de l’AFP Régis Dos Santos, numéro un de la Fédération des banques, soutien de Mme Couvert.

La direction doit se réunir lundi après midi pour tenter de dénouer l’imbroglio.

« On veut absolument que Carole Couvert puisse présenter sa candidature », a ajouté M. Dos Santos. « C’est au congrès confédéral de juger si l’action qu’elle a menée est satisfaisante ou non ».

Dans une déclaration, 14 fédérations (banques, assurances, commerce, chimie, santé etc), qui représentent « 61% des voix au Congrès », selon M. Dos Santos, ont assuré Carole Couvert de « leur soutien ».

« Il appartient au Congrès confédéral de choisir et d’élire l’équipe qui pilotera la CFE-CGC pour les trois prochaines années », affirment les signataires qui préviennent que la situation « est dangereusement porteuse de germes de divisions ».

Au cours des derniers mois, Mme Couvert était parvenue à jeter les bases d’une liste unique pour la prochaine direction, intégrant ses adversaires d’hier, les fédérations de la métallurgie et de la chimie.

« Il faut trouver les voies et moyens » d’un rassemblement, « le temps des divisions est passé », a dit à l’AFP Gabriel Artero, numéro un de la puissante fédération de la métallurgie, en allusion à la grave crise qui avait secoué le syndicat en 2013.

« Quelle que soit la situation nouvelle, nous souhaitons qu’il y ait un seul trio de tête » (président, secrétaire général et trésorier) présenté au Congrès, a-t-il ajouté.

Carole Couvert avait été élue au congrès de Saint-Malo en avril 2013, après une âpre bataille l’opposant d’abord à l’ex-président Bernard Van Craeynest- qui avait fini par jeter l’éponge- puis à François Hommeril, soutenu notamment par les fédérations de la chimie et de la métallurgie.

Elle est la première femme à diriger la confédération des cadres.

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