Contrats courts: l’Etat employeur reconnaît qu’il doit faire un effort

PARIS, 29 janvier 2019 (AFP) – L’Etat doit faire un effort en limitant le recours aux CDD de courte durée dans le secteur public, a reconnu mardi le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt sur BFM Business.

« Nous ne pouvons pas demander au secteur privé de faire un effort pour réduire le nombre de contrats courts et ne pas demander le même effort au secteur public », a déclaré M. Dussopt, qui est notamment en charge de la réforme de la fonction publique.

« Aujourd’hui sur 5,5 millions d’agents publics dans les trois versants (Etat, collectivités, hôpitaux) nous avons à peu près 1,1 million de contractuels, et sur ce 1,1 million de contractuels, nous avons énormément de contrats courts liés à des remplacements, liés à des questions parfois de précarité, d’organisation », a reconnu le secrétaire d’Etat.

La volonté d’Emmanuel Macron d’instaurer un bonus malus en fonction du taux de rupture de contrats par les employeurs a provoqué la suspension des négociations sur l’assurance chômage lundi par les organisations patronales (Medef, CPME, U2P).

Le patronat affirme que cette mesure détruirait des emplois en CDD et en intérim sans pour autant créer de CDI.

« Là où il y a des CDD à répétition, 17 fois, 27 fois, etc ce n’est pas dans les entreprises privées, c’est dans l’Etat », a déclaré mardi matin sur RMC le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, demandant à l’Etat de commencer « par balayer devant sa porte ».

« On est prêts à revenir à tout moment » dans les négociations et si le gouvernement fait « une proposition alternative qui aide les personnes en situation de contrat court on la regardera attentivement », a par ailleurs assuré le président du Medef qui se dit « partisan du dialogue social ».

Mais « c’est pas la peine qu’on discute, qu’on s’écharpe avec les syndicats pour que derrière, le gouvernement décide », a-t-il prévenu.

A un auditeur de Toulon qui expliquait sur RMC enchaîner les contrats courts par « choix », et « parce qu’on est tellement mal payés », pour gagner plus qu’en CDI en se faisant payer ses congés plutôt que de les prendre et grâce aux indemnités de fin de mission, M. Roux de Bézieux a répondu: « C’est aussi un choix de vie que je respecte évidemment parfaitement ».

« Ce n’est pas un choix de vie, c’est une question de survie. Aujourd’hui avec 1.100 euros quand vous avez des enfants, comment on fait pour vivre ? », lui a rétorqué cet auditeur.

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